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Dans le ventre du dragon

FNC 2011 – Critiques en vrac et commentaires de fin de parcours

Jean-Nic Labrie
23 octobre 2011

Je viens de passer une très belle semaine dans les salles obscures du FNC, un festival que je connaissais plutôt mal, je dois vous avouer.

Suite à un imprévu de taille survenu à la dernière minute (je vous donne un indice : 2 excellents sièges dans les Rouges), je ne serai pas présent aux 2 représentations que je devais aller voir samedi. Mon coeur saigne, évidemment.

N’empêche que le FNC de cette année (pas un grand cru d’après quelques commentaires que j’ai entendus autour de moi y paraît) a fait en sorte que je vais sérieusement m’y intéresser pour les prochaines années. Un festival cohérent, intéressant, avec une programmation de haut vol des plus variées.

Je ne ferai pas un Gomez de moi longtemps, j’arrête de niaiser avec la puck. J’ai vu deux films dans les derniers jours ; voici ce que j’en ai pensé.

PLAY (photo)

Une co-production Suède-France-Danemark, présenté à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes cette année. Construit à l’aide de longs plans-séquences parfois insoutenables, dont le but est de cultiver un malaise grinçant (certaines images sont figées durant près de 10 minutes), on y suit une bande de p’tits cons mal engueulés qui se spécialisent dans l’intimidation, le taxage et la violence psychologique. Les gamins, de jeunes ados de race noire, mettent le grappin sur 3 jeunes kids plus jeunes qu’eux, inoffensifs et venant d’un milieu aisé.

Malgré une mise en scène implacable et chirurgicale, n’est quand même pas Haneke qui veut ! Les plans-séquences ne sont pas esthétisés, ils sont davantage bâtis pour créer l’inconfort. Cela dit, malgré un rythme très lent et un bon 20-25 minutes en surplus, Play reste un film déstabilisant et quand même assez réussi.

SNOWTOWN

Jamie, un adolescent complexé, vit avec sa mère et ses frères dans une bourgade pourri et trash en banlieue d’Adélaïde. C’est un endroit où il ne fait pas bon traîner ; violence, chômage, et abus sexuels font partie du train-train quotidien. Tout change lorsque John Bunting débarque dans leurs vies. Le mec est charismatique, et Jamie l’admire comme le père qu’il n’a pas connu. Totalement sous son charme, il déchantera rapidement lorsqu’il réalisera que son mentor est en fait un tueur en série.

J’ai été pas mal déçu de cette production australienne, basée sur le tueur en série John Bunting, qui est bel et bien envoûtante dans les 30 premières minutes mais qui devient rapidement répétitive et hautement prévisible au fur et à mesure que l’histoire avance. Redondant dans ses effets de mise en scène, le réalisateur Justin Kurzel a pourtant vu son travail salué lors du dernier festival de Cannes, son film remportant le prix FIPRESCI. Et bordel qu’on aurait pris des sous-titres !! J’ai eu plus de facilité à comprendre Trainspotting et Snatch la première fois que je les avais vus, c’est tout dire…

PETITS COMMENTAIRES EN RAFALE

-Pourquoi Fantasia ne retournerait pas faire sa fiesta à l’Impérial ? Comme avant ? Quelle magnifique salle tout de même…et les bancs sont confortables.

-Ex Centris présentera à nouveau du cinéma dans les prochaines semaines. Personnellement, je n’ai jamais été un grand fan de ce complexe. C’est froid et prétentieux sur les bords.

-J’espère que Romain Gavras ne se prenait pas au sérieux lors de son Q&A, parce que dans mon entourage, ils ont été plusieurs à le trouver «aussi vide que son film». Oups.

-Je ne sais pas si c’était une coïncidence, mais c’est seulement au Quartier Latin que j’ai vu d’importants problèmes techniques au niveau de la projection des films. Après le défilement du superbe docu consacré à Genesis P-Orridge, la réalisatrice Marie Losier était en état de choc (c’est elle-même qu’il l’a dit), voyant son film être diffusé avec d’importants problèmes de son. Lors de la projection du film Saturday Killer, le rideau s’est coincé lorsqu’il s’est relevé, couvrant 1/10 de l’écran. Point de vue ambiance aussi, quand tu croises des gens qui viennent voir Paranormal Activity 3 (en français en plus), ça clashe, disons.

-Pour revenir sur la projection de Play jeudi dernier ; dans le programme, c’était écrit que le film durait 100 minutes. Or, je suis sorti de la salle 2 heures plus tard. Comme le film avait commencé en retard, j’ai manqué la projection de Kotoko au QL. Ordinaire de se tromper de la sorte…

-L’année prochaine, je vais essayer de diversifier ma sélection de films ; je me suis rendu compte sur le tard que j’avais peut-être un peu trop pigé dans la section «Temps Zéro».

-Le film que j’aurais aimé voir ? Celui de Béla Tarr.

@JeanNicLabrie

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Jean-Nic Labrie

Parce que le ciné c'est aussi Marcel Leboeuf, Christophe Lambert, Jeff Goldblum et Yahoo Serious.

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