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Dans le ventre du dragon

Retour sur les RVCQ ’09

Jean-Nic Labrie
1 mars 2009

Mon distingué collègue Christophe Gagné nous a fait part d’une excellente couverture de ses propres Rendez-vous du cinéma québécois, que je vous invite à consulter ici.

À mon tour cette fois de vous faire part de mes diverses impressions, observations et coups de coeur de cet évènement hivernal incontournable, car, honte à moi, pour la première fois de ma «carrière», je me suis intéressé à ces Rendez-vous, qui en étaient cette année à leur 27ième édition. Et pour être franc sans flagornerie, j’ai tout de suite été conquis par l’atmosphère très conviviale de l’entreprise, et tout aussi séduit par ce penchant plus accessible d’un milieu relativement hermétique aux premiers abords. Ce qui fait de moi un client fidèle pour les prochaines éditions, sans doute…

En plus de pouvoir côtoyer tout le gratin de l’industrie cinématographique québécoise, les RVCQ permettent surtout de revisiter toute la dernière année cinéma en matière de productions locales, dans le long comme dans le court-métrage. Programmés dans une panoplies de catégories et d’évènements de toutes sortes, les films de la cuvée 2008, même s’ils n’ont rien fracassés au box-office, nous ont permis tout de même de constater qu’à défaut de défoncer les guichets, ces films ont eu le mérite de nous «transporter ailleurs», comme le dit si bien le cliché…

Voici donc les premiers de classe…enfin, les meilleurs de ceux que j’ai eu la chance de voir !

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alouest

Les réalisateurs Henry Bernadet et Myriam Verreault nous ont offert assurément le meilleur film de l’année 2008 au Québec, qui étrangement, est relativement passé sous le radar de la grande majorité des cinéphiles (moi compris) et de l’industrie en général (bonjour LES JUTRA !). À l’ouest de Pluton, magnifique film porté à bout de bras par une bande d’acteurs ados non-professionnels, peut faire penser aux travaux de Larry Clark et Gus Van Sant, par son approche dépouillée et familière d’une jeunesse en pleine ébullition, et par son traitement cinématographique très proche du documentaire. Rarement a-t-on filmé nos jeunes Québécois avec autant de justesse et de conviction. À guise de comparaison, Ramdam et Watatatow, c’est de la p’tite bière ben ben flatte à côté ! À noter que le film est désormais disponible en DVD.

c_est_pas_moi_je_le_jure_normal

Probablement le film qui donnera à Philippe Falardeau son deuxième Jutra du Meilleur réalisateur (et probablement du Meilleur film !), C’est pas moi, je le jure !, malgré quelques petites imperfections au niveau de l’éparpillement de son scénario, demeure un film très solide, magnifiquement mis en scène, et de beaucoup supérieur à un autre long-métrage de 2008 qui dépeint lui aussi la famille québécoise des années 60, Maman est chez le coiffeur. Antoine L’Écuyer, jeune interprète et vedette incontestée du film, se veut rien de moins qu’une révélation.

elleveutlechaos

Dans un registre beaucoup plus hermétique et difficile, l’ancien critique devenu cinéaste Denis Côté offre, avec son film Elle veut le chaos, une nouvelle relecture du cinéma d’auteur d’ici. Membre de la Nouvelle Vague québécoise (curieusement nommée ainsi par une certaine presse intello), il partage l’oriflamme avec d’autres cinéastes à la voix originale, tels que Maxime Giroux (Demain), Yves-Christian Fournier (Tout est parfait), et Rafaël Ouellet (Derrière moi). Par contre, malgré une qualité esthétique certaine et ce désir intrinsèque d’explorer encore plus profondément l’art du cinéma d’auteur, le cinéma de Côté, Elle veut le chaos y compris, demeure plus difficile d’accès. Pour dire vrai, j’en ai perdu des bouttes mettons. Excellent et exigeant à la fois.

En rafale, une liste de cinéastes fort prometteurs à surveiller de près dans les prochaines années, dont les courts-métrages ont suscité bien des réactions aux RVCQ : Guy Édoin (La Battue), Myriam Magassouba (Janine), Constant Mentzas (Gilles), Michel Lam (Corps d’argile), Christian Laurence (Barcelona) et Sarah Fortin (Synthétiseur). Coup de coeur particulier pour Patrick Boivin (photo), un cinéaste très talentueux, ex-Phylactère Cola, au style unique et fort original (quoiqu’un peu gadget, admettons-le).

Parmi les prochains billets à venir, ma critique du très attendu Dédé à travers les brumes (en salles le 13 mars prochain), un biopic pour lequel j’ai les plus grandes aspirations. D’ici là, précipitez-vous donc à votre club-vidéo, question de vous taper À l’ouest de Pluton

Dans le ventre du dragon

Jean-Nic Labrie

Parce que le ciné c'est aussi Marcel Leboeuf, Christophe Lambert, Jeff Goldblum et Yahoo Serious.

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