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Dans le ventre du dragon

Les Jutra, l’Antéchrist et…Les Invincibles !

Jean-Nic Labrie
27 mars 2009

jutra-trophee

Le journaliste de La Presse Marc-André Lussier posait une question fort pertinente sur son blogue lundi dernier.

Y’a-t-il encore de l’intérêt pour les Jutra ? Est-ce qu’un gala de remises de prix, récompensant les artisans les plus méritants de notre cinématographie, a encore sa raison d’être ?

Bref, en comparant l’achalandage que son blogue a eu lors des Oscars (et même des Césars) avec ses billets sur les Jutra, si on lit entre les lignes, Lussier remettait en cause l’existence d’une telle célébration. Une cérémonie classique relativement longue, plate à regarder, qui a reçu sa belle part de critiques négatives dans les éditions passées ; parlez-en à Patrick Huard, qui avait essuyé sa part de pain noir à l’animation il y a quelques années.

En ce qui me concerne, même si le meilleur film québécois de 2008, soit À l’ouest de Pluton, n’a reçu AUCUNE nomination cette année (un vrai crime…), je voudrais malgré tout saluer l’audace de notre académie québécoise, qui a souvent eu le mérite de couronner les «vrais meilleurs films», en refusant de graisser la patte de productions plus populaires. Québec-Montréal, Mémoires affectives, Congorama et Continental sont tous des films qui ont mérité la palme suprême du Meilleur film de l’année, au détriment de films plus grand public tels que Séraphin, Bon cop Bad cop et Les 3 p’tits cochons par exemple. On ne sombre pas dans la complaisance, ce qui est en soi une très bonne chose.

Le fait demeure qu’un gala de remises de prix, que ce soit les Oliviers, les Gémeaux, les Félix, les Oscars, même les MTV Movie Awards à la limite, ça reste une entreprise télé pour le moins pénible. C’est fastidieux, figé, un gros party plate avec des gens sapés comme des princes qui ont tous l’air de vouloir être n’importe où sauf dans la salle.

Et les Jutra n’y font pas exception, malheureusement…

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Deuxième nouvelle que j’ai emprunté à un autre blogue de Cyberpresse, celui de Josef Siroka.

Le cinéma de Lars Von Trier, à défaut de m’être complètement familier, a le mérite de me bousculer à chaque fois qu’il se présente à moi. Je me rappelle très bien le choc que m’avait causé le très beau Dancer in the Dark, que j’avais eu la chance de voir en salle dans mon patelin natal de Drummondville, en version originale s’il-vous-plaît, alors que je fréquentais le cégep du même endroit. On était une petite gang d’étudiants en arts et lettres, tous curieux de voir ce film bizarroïde, qui mettait en vedette la très belle Bjork, l’idole absolue de tous les cégepiens de la Terre. Ceux en arts, du moins !

Ce que j’aime de Von Trier, c’est qu’il cherche fréquemment à réinterpréter des genres cinématographiques stéréotypement balisés, pour ensuite les digérer au sein de son propre système pour mieux les régurgiter selon son style. Il l’a déjà fait avec la comédie musicale (Dancer in the Dark), le film noir (The Element of Crime), le film à vocation plus théâtrale (Dogville, Manderlay), et même le surnaturel (L’Hôpital et ses fantômes).

Von Trier est donc un cas à part. Voilà pourquoi j’ai drôlement hâte de le voir s’attaquer à un genre qui nous offre trop souvent de la banalité (à mon grand déplaisir), car le prochain film du créateur du Dogme95 versera dans l’horreur…la vraie. Pas de nichons en plastique, de blondes américaines, ni de tueurs masqués. L’horreur qui prend aux tripes, qui fait mal, qui glace le sang, pour vrai. Pas de niaisage.

Antichrist, une vue germano-franco-danoise qui met en vedette Charlotte Gainsbourg et Willem Dafoe, risque donc d’en ébranler plus d’un. Le film raconte l’histoire d’un couple endeuillé par la mort de leur fils, qui se rend dans une cabane isolée où se manifestent des forces sinistres et plutôt étranges, qui viendront semer la terreur dans les alentours.

La sortie de ce film très attendu est annoncée pour le 20 mai 2009, lors du Festival de Cannes.

J’ai tu hâte moé ?

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paquincurzi

Pour conclure, je ne pouvais m’empêcher d’écrire un p’tit quelque chose sur la fin des Invincibles, une série télé que j’ai beaucoup aimé, même si les saisons 2 et 3 n’étaient pas du tout à la hauteur de la première. À en croire tous les commentaires livrés sur Facebook, dans les blogues et dans toutes les discussions de machines à café depuis mercredi soir, date butoir de nos 4 bozos à la société d’État, il faut en conclure que cette série en aura marqué plus d’un. Ça on le savait, mais à ce point-là ?????

Bon, au risque de me faire lancer des tomates moisies, reste que j’ai quand même un bémol sur l’épisode final de mercredi, épisode que j’ai beaucoup apprécié cela dit.

scenefinale

La passe de la bédé, très fort. C’était super.

Mais la scène finale, quand les soldats tentent de kidnapper le bébé, pourchassant Carlos jusque dans la chambre de la petite, suis-je le seul à l’avoir trouvé mal filmée, mal montée, et surtout, mal jouée ???

Pierre-François Legendre, pourtant très solide et convaincant quand on le voit en pleurs, cherchant à joindre ses potes précédemment flushés, avait l’air d’Andy Garcia dans les dernières secondes de la toute dernière scène ever. Passer de Pacino à Garcia, en l’espace de quelques minutes, faut le faire quand même.

Quant aux femmes-soldats extra-terrestres, on n’y croit pas une seconde. Sans déconner là. On dirait vraiment une bande de filles triées sur le volet, à qui on a demandé de courir avec un flingue en plastique dans les mains. Quand le tout déboule dans la maison, alors là, c’est l’hécatombe ; cadrages mal foutus, montage approximatif, découpage technique laissant à désirer…

Sans dire que c’est venu tout gâcher (on ira pas jusque-là quand même !), reste qu’on a le droit dêtre un peu en rogne contre J-F Rivard, qui malgré de bonnes intentions, a loupé un tantinet la sortie de nos Invins.

M’a aller vivre mon chemin à présent.

*Photos Invincibles : Radio-Canada

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Dans le ventre du dragon

Jean-Nic Labrie

Parce que le ciné c'est aussi Marcel Leboeuf, Christophe Lambert, Jeff Goldblum et Yahoo Serious.

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