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Dans le ventre du dragon

J’ai tué ma mère : beau potentiel

Jean-Nic Labrie
4 juin 2009

jaituemamereg

D’abord, j’offre mes plus sincères félicitations au jeune Dolan, pour ses 3 prix obtenus à Cannes. Le ti-cul a du guts, de la détermination, et nul doute qu’il représente un beau potentiel pour les années à venir. Je n’étais pas à Cannes cette année bien sûr (un jour j’y serai moi aussi tiens !), mais j’aurais aimé tester de visu le supposé impact que le fils de Manuel Tadros a créé là-bas, si l’on se fie à nos valeureux journalisses québécois gagnés à sa cause, et qui étaient présents (bonjour CASSIVI). J’y reviendrai dans un autre billet…

Pour ce qui est de son film J’ai tué ma mère, scénarisé à 17 et tourné à 19, quoi dire de plus qu’il s’écoute comme n’importe quel premier film, qu’il soit court, moyen ou long ; même si Dolan a visiblement du talent, reste que son film possède globalement un arrière-goût de film étudiant (pour les trop nombreuses maladresses), et qu’il ne se fait pas encore suffisamment confiance (il bouche tous les trous possibles, que ça soit avec du dialogue, de la musique, ou des images insérées). Je demeure néanmoins convaincu que Dolan va continuer d’apprendre à maîtriser son métier, au fur et à mesure qu’il accumulera les essais.

Qu’à cela ne tienne, il y a plusieurs belles scènes dans son film. Mais de là à le porter aux nues, comme quelques autres critiques ont fait, il y a un pas que votre humble serviteur ne franchira pas…Plusieurs incohérences au plan du scénario m’ont fait sentir mal à l’aise. Faut quand même pas se laisser berner non plus.

Soyons sérieux deux minutes : ne me sortez pas l’argument «pour un jeune de 20 ans, faire un film comme ça c’est impressionnant…». Cette maturité se lit des deux côtés de la médaille. D’accord, le type s’est rendu à Cannes, c’est vraiment exceptionnel. Cependant, il devra s’attendre à voir son film jugé comme tel. Il a voulu se rendre sur la Croisette avec son tout premier film, il joue dans la cour des grands maintenant.

C’est clair que de voir un garçon de 20 ans précoce comme lui réaliser un long-métrage de la sorte, d’avoir réussi à engager Anne Dorval, Suzanne Clément et Patricia Tulasne (les 3 sont toutes excellentes cela dit), et surtout, de le voir débarquer à Cannes à un si jeune âge relève certes du mérite. Malgré tout, c’est un film plus ou moins intéressant, hypé par la forte personnalité de son auteur.

Le genre de film qu’il n’est pas nécessaire de voir en salles finalement…

4 commentaires
  • Philippe Daigle
    5 juin 2009

    Question innocente : comment, à vingt ans, il a financé son film ?

  • Gary
    7 juin 2009

    Si je ne me trompe pas, il a eu plusieurs rôles à la télévision et au cinéma quand il était jeune et son père a décidé de mettre ses revenus dans un compte barré, jusqu’à ses 18 ans. Comme il réussissait pas à avoir de subventions, il a vidé son compte.

  • Philippe Daigle
    7 juin 2009

    @Gary : merci, ça explique un peu la chose et ça me le rend plus sympathique… au moins c’est lui qui l’a gagné son argent…

  • Stéphanie Chicoine
    9 juin 2009

    Si je ne me trompe pas, les parents avaient mis de l’argent de côté. À un moment donné, il a tout voulu mettre son argent sur le film, ce que sa mère n’aimait pas trop, mais bon, on voit le succès du film!

Dans le ventre du dragon

Jean-Nic Labrie

Parce que le ciné c'est aussi Marcel Leboeuf, Christophe Lambert, Jeff Goldblum et Yahoo Serious.

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