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Dans le ventre du dragon

Fantasia ’09 : une 2e semaine qui débute en force

Jean-Nic Labrie
15 juillet 2009

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«The Immaculate Conception of Little Dizzle» : assurément
la première belle surprise de l'édition de cette année

MONTRÉAL – La locomotive Fantasia, qui s’arrêtera (malheureusement) en gare le 29 juillet prochain, fonctionne désormais à pleine vapeur en ce début de deuxième semaine d’activités. Retour sur deux films particuliers, qui risquent fort de se retrouver dans le palmarès de quelques festivaliers à la fin de cette quinzaine ’09.

C’est une foule hautement bigarrée qui s’était massée dans la grande salle du Théâtre Hall, pour la seule représentation montréalaise de la comédie indépendante américaine The Immaculate Conception of Little Dizzle, présentée par ce frisquet lundi soir de juillet. Il n’y avait pas que la clientèle traditionnelle «fantasienne» qui avait positivement répondu à cet unique appel des programmateurs (d’ailleurs, bien drôle décision que celle-ci…), car effectivement, on pouvait remarquer la présence d’une certaine clientèle de cinéphiles curieux parmi les festivaliers, davantage attirée par un type de cinéma plus «indie» que le film de genre à proprement parler. Il faut dire que ce premier long-métrage du réalisateur David Russo avait fait bonne impression au dernier festival de Sundance plus tôt cette année.

Quoi dire de plus de ce qui a déjà été dit sur cette comédie forte originale et foutrement bien interprétée, que le buzz favorable entourant le film ces jours-ci est bel et bien justifié : visiblement réalisée avec peu de moyens mais avec énormément de bonnes idées, voilà une drôlerie filmique des plus rafraîchissantes, pleinenement assumée, qui ne donne jamais dans le compromis.

En plus de réussir le pari de convertir avec doigté une panoplie d’influences diverses (Judd Apatow, Wes Anderson, David Cronenberg, etc.), c’est une comédie efficace et complètement débile, qui fait bon de voir dans une programmation éclectique comme seul Fantasia a le secret.

Sans être véritablement géniale (quelques longueurs et plusieurs épiosdes de confusion parsèment le récit), The Immaculate Conception of Little Dizzle pourrait maintenant goûter à un succès-culte une fois disponible en DVD, en plus de pouvoir espérer se frayer un chemin parmi les différents lauréats de l’édition 2009 du festival.

Affronter la Bête, vaincre ses peurs

Mardi soir, toujours au Théâtre Hall, nous avions droit au drame psychologique mi-anglais mi-américain Dread, premier long-métrage d’Anthony DiBlasi, plus récente adaptation provenant du célèbre recueil de nouvelles Books of blood de l’écrivain anglais Clive Barker.

Après avoir passé plusieurs années en développement au sein de la 20th Century Fox, qui n’est jamais parvenue à adoucir le propos de l’histoire pour la faire cadrer dans une production de type «grand studio», le projet a pris une toute autre tournure lorsqu’il est tombé dans les mains de Matador Pictures et de Seraphim Films, qui s’est fait une devoir de respecter l’essence même de la nouvelle originale.

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Jackson Rathbone, vu dans «Twilight», est la vedette prin-
cipale du puissant drame d'horreur «Dread»

Horreur psychologique et physique, scènes de torture, gore bien sanglant, réalisation extrêmement fluide, personnages fort bien dessinés interprétés par une horde de jeunes comédiens de grand talent (Jackson Rathbone, en plus d’avoir la gueule de l’emploi, est particulièrement convaincant), Dread représente à ce stade-ci le coup de coeur de mon festival, même si je suis sorti de la salle avec cette drôle d’impression d’avoir beaucoup aimé et beaucoup détesté à la fois.

Même si les motivations scénaristiques du personnage de Quaid (Shaun Evans) ne m’ont vraiment pas convaincus car bien mal définies (vers la fin, on se croirait dans un volet de la franchise Saw), reste que Dread est un film puissant, hyper léché, sombre et qui donne le frisson, grâce à plusieurs scènes d’une rare efficacité, en plus d’avoir un scénario intelligent mêlant habilement horreur pure et réels beaux moments d’émotions.

Bref, le genre de film qui laissera les puristes de Fantasia plutôt froids !

Un commentaire
  • punk rod
    15 juillet 2009

    dreadhead était chill en crisse! Dommage que j’ai manqué la fin pour ne pas manquer mon train(ah la coincidence!)

Dans le ventre du dragon

Jean-Nic Labrie

Parce que le ciné c'est aussi Marcel Leboeuf, Christophe Lambert, Jeff Goldblum et Yahoo Serious.

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