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Dans le ventre du dragon

FANTASIA ’09 : première véritable déception, venue de France…

Jean-Nic Labrie
22 juillet 2009

8thwonderland
«8th Wonderland», un film qui devait, selon
les organisateurs de Fantasia, révolutionner
le film de genre...

MONTRÉAL – «Voici le film qui va révolutionner le genre !» C’est avec une telle introduction que le programmateur Simon Laperrière a présenté 8th Wonderland hier soir, devant un Théâtre Hall archi-plein. Les cinéphiles entassés avaient visiblement hâte de mesurer la véritable portée de tels propos. Pas de doute, la barre était placée très haute…

La prémisse laissait pourtant entrevoir de belles promesses : une poignée de révolutionnaires de salon venus d’un peu partout dans le monde, partagent un lourd secret commun. Ensemble, ils constituent une société clandestine localisée à 8th Wonderland, le premier pays virtuel installé sur le web.

Animés par le même but, ces petites gens se rassemblent quotidiennement pour comploter afin de faire tomber les vils sociétés capitalistes, pour enfin faire de notre véritable monde un lieu où la paix règne. Beau rêve…

Après la mise en échec d’un projet risquant d’entraîner une guerre, 8th Wonderland attire finalement l’attention de la presse internationale, et devient la cible numéro un des organisations antiterroristes. Risquant les pires condamnations, les habitants de la contrée virtuelle décident néanmoins d’assumer leur code d’éthique, imposant leur loi à tous les dirigeants de la planète.

Une nouvelle ère peut enfin commencer pour la Terre, même si celle-ci s’avère menacée par l’apparition soudaine de John McClane, un intrus prétendant être le véritable créateur de 8th Wonderland.

8th-wonderland

Aussi ambitieux soit-il, ce film français ne répond malheureusement pas à ses promesses. Nicolas Alberny et Jean Mach, les deux compères qui ont signé ce scénario tout de même inventif, se sont visiblement gourrés dans la mise en scène, rapidement redondante (voire même paresseuse), celle-ci ne faisant nullement écho à leurs vélléités révolutionnaires gauchistes.

Rarement a-t-on vu un tel éparpillement au niveau de la trame narrative. Au bas mot, il n’y a aucun point de vue. Seulement une suite d’images montrant une galerie de personnages ultra-anonymes, fabriqués en carton. On se lasse aussi très rapidement de ce fil narratif très mince, qui ne réussit pas à nous convaincre qu’une telle organisation planétaire bouscule l’ordre établi partout dans le monde.

Zéro personnages, mise en scène redondante, pas d’émotions ni de trame narrative consistante…Voilà donc un film de science-fiction cérébral et froid, qui aurait gagné en puissance si un certain David Fincher aurait daigné le mettre en scène…

Dommage !

DANS LE CALEPIN

Life is hot in cracktown : malgré une réalisation très télévisuelle (on se croyait par moments dans la série Tag !), voici un film fort bien interprété, campé par des acteurs en grande forme. Reste cependant cette étrange sensation de déjà-vu…

Terribly Happy : un excellent thriller scandinave, qui fait passer Millenium pour de la p’tite bière très très flatte. Mise en scène rigoureuse, personnages solides, ambiances inquiétantes…Assurément l’un des meilleurs films que j’ai vu à Fantasia cette année !

*Source : www.fantasiafest.com

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Dans le ventre du dragon

Jean-Nic Labrie

Parce que le ciné c'est aussi Marcel Leboeuf, Christophe Lambert, Jeff Goldblum et Yahoo Serious.

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