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Dans le ventre du dragon

FANTASIA ’09 : dernier blitz

Jean-Nic Labrie
26 juillet 2009

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«The Children»: un film d'horreur non sans
défauts, mais d'une efficacité rare.

MONTRÉAL – Fantasia ’09 entame son dernier tour de piste avec cet ultime week-end de projections fantastiques. S’en suivra une dernière semaine fertile en émotions, surtout depuis que les Basterds de Tarantino ont choisi de faire pignon sur rue, ici même à Montréal, à ce qui ressemble à une première canadienne chipée à nos grands amis ontariens et à leur festival clinquant. Dans ta face, Toronto !

Avant de se farcir en grandes pompes le dernier Tarantino cependant, il nous reste encore beaucoup de bonnes tranches de pain sur la planche, comme cette curiosité signée Michel Houellebecq, La possibilité d’une île, adaptation grand écran de son propre roman d’anticipation paru en 2005.

Projeté dans un cinéma J-A DeSève bien rempli mercredi soir dernier, cette fable intello, de facture rétro et relativement complexe (je me suis creusé la tête à plusieurs reprises je l’admets !), avait tout du film de science-fiction qui vous fait travailler les méninges une bonne demi-heure après avoir quitté la salle.

Avec son look aux airs de Planète des singes et son discours extrêmement intéressant sur le clonage et notre appréhension du futur, je me suis régalé devant un tel film, aux images soignées et à la présence forte de Benoît Magimel, un acteur français qui n’a visiblement pas eu la trouille de se mouiller dans un tel projet.

Un film français futuriste plus satisfaisant (quoiqu’aussi hermétique) qu’un 8th Wonderland, en somme.

«Mommy, Mommy ! I feel sick…»

Vendredi soir, on avait rendez-vous avec une marmaille anglaise pour le moins troublante ; vendu par les programmateurs comme étant le film le plus terrifiant de l’édition de cette année, en plus d’être qualifié, toujours selon la même source, du meilleur film d’horreur depuis [●REC] (la barre est haute…), c’est avec fébrilité que je suis allé voir The Children, un film britannique qui suscitait en moi les plus belles aspirations.

Il faut avouer que les Anglais possèdent un doigté filmique particulier pour nous donner la pétoche. Danny Boyle l’a déjà prouvé par le passé (Shallow Grave et 28 Days Later), tout comme Neil Marshall (The Descent) et Adrian Lyne (Jacob’s Ladder). Même Edgar Wright (Shaun of th dead) montrait de belles compétences en matière de film d’horreur, malgré son regard plus comique.

Devra-t-on rajouter le nom de Tom Shankland à cette liste ? Affirmatif, sans aucun doute. Ses enfants-tueurs nous ont bel et bien impressionnés.

Même si le type a visiblement sur-analysé le travail de Stanley Kubrick (les références à The Shining pleuvent, ça en est presque gênant), force est d’admettre qu’il a accompli du fort joli boulot, même si son film comporte un peu trop de zones grises pour que l’on puisse parler d’une véritable réussite, comme celles mentionnées ci-haut.

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Here's Johnny !

Les personnages sont bien dessinés (les enfants sont pour la plupart tous sidérants), le suspense est habile et maîtrisé c’est vrai, mais le scénario est trop souvent mou, gratuit, et facile sur les bords. Et sans vouloir me vanter, j’avais trouvé le punch final après les dix premières minutes….

Tout de même assez marquant pour qu’on essaye de se l’acheter une fois sorti en DVD !

En vrac

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SANS-DESSEIN : ultra-sympathique premier long-métrage du collectif montréalais Dead Cat Films. Même si parfois, l’ambiance de la salle flirtait un peu trop avec le copinage (vous auriez dû entendre Marc «DJ XL5» Lamotte nous graisser la chaîne de bécyk…), on a beaucoup aimé ce premier long, réalisé en 2 ans avec des queues de cerises. Bravo !

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ROUGH CUT : un puissant drame coréen, scénarisé et co-produit par Kim Ki-duk, qui démontre bien toute l’étendue du vieil adage «scratch my back I’ll scratch yours». Fortement recommendé aux amateurs de mares de boue.

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NEXT FLOOR : enfin j’ai pu voir ce court-métrage de Denis Villeneuve. Delicatessen étant parmi mes films fétiches, pas étonnant que j’ai autant aimé ce petit bijou baroque et glauque. Villeneuve est un de nos meilleurs cinéastes, aucun doute là-dessus.

On reconnecte pour les Bâtards ! M’a essayer de me faire prendre en photo avec Eli Roth, donc histoire à suivre…

Un commentaire
  • Kristof G.
    28 juillet 2009

    Effectivement, y’a du Kubrick dans Les Enfants (je ne m’en étais même pas apperçu; je dois commencer à être fatigué après 30 films…).

Dans le ventre du dragon

Jean-Nic Labrie

Parce que le ciné c'est aussi Marcel Leboeuf, Christophe Lambert, Jeff Goldblum et Yahoo Serious.

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