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Dans le ventre du dragon

Inglourious Basterds : un bâtard de bon film

Jean-Nic Labrie
17 août 2009

inglourious_basterds
Après avoir décortiqué le film d'épouvante
dans «Death Proof», Quentin Tarantino s'at-
taque cette fois-ci au film de guerre. Avec
succès.

Y’a pas à dire, le week-end qui approche en sera un gros pour les exploitants de salles de cinémas. Le dernier Tarantino débarque en ville, son grand pote Robert Rodriguez sortira sa comédie fantastique pour enfants, et Louis Bélanger…ben…

Ne tournons pas autour du pot ; Tarantino est en grande forme, et son Inglourious Basterds le prouve. Sa mise en scène se peaufine, sa direction d’acteurs n’a jamais été aussi précise, et son écriture demeure toujours aussi ciselée.

Ça veut donc dire quoi, tout ce bazar ? Que ce grand ado attardé vieillit plutôt bien. Même si son cinéma en est un d’abord de recyclage, faudrait pas tasser du revers de la main son réel talent. Car Inglourious Basterds, c’est avant tout un scénario franchement intéressant, un remâché haut de gamme qui emprunte à Pierre, à Jean et à Jacques. Une sauce «tarantinesque» dont lui seul connaît les réglages.

Film de guerre, western spaghetti, cinéma français des années 40…On sait tous que ce grand flanc mou aime, et surtout, connaît le cinéma. C’est qu’il ne faut pas le prendre pour un con le mec. Chacun de ses films nous donne accès à son terrain de jeu, et c’est comme s’il nous invitait à jouer avec lui à chaque occasion. Ça vous dit d’aller jouer à la guerre ?

Bref, j’ai aimé. Beaucoup.

L’heure de vérité pour Louis Bélanger ?

Bâtard que ça faisait longtemps que ça traînait, ce dossier-là. Et comme dit l’adage, tout ce qui traîne finit par se salir.

On l’aime bien Louis, mais bordel, qu’est-ce que c’est que ce film des plus «canadians» ? Vraiment, on se le demande.

timekeeper

Territoires du Nord-Ouest, 1964. Martin Bishop a 18 ans, et la belle gueule qui va avec. Son père récemment décédé lui a donné une solide éducation, lui a transmis de hautes valeurs morales, et laissé en héritage une ferme en faillite que la banque vient de saisir. Il est dans la schnoutte finalement.

Le kid se trouve donc un job au fin fond du Canada, dans les Territoires du Nord-Ouest, sur un chantier de construction d’un chemin de fer. La paye est bonne soit, mais le boss est fou à lier, et la tâche est colossale : il faut construire 52 milles de voie en 52 jours, à grands coups de pioches et de massues, beau temps mauvais temps. Moi j’aurais pas toffé 3 jours c’est clair.

Sur ce chantier d’où il est impossible de s’évader (c’est vraiment dans un coin fucking perdu), la corruption est partout. Les travailleurs, tous un peu voleurs, gras, sales, idiots et démunis, n’osent pas se plaindre de leurs conditions. Tous sauf Martin, brebis égarée parmi les loups. Qu’arrivera-t-il des valeurs morales que lui a transmis son père lorsqu’il sera victime de représailles ?

Troisième film de Louis Bélanger, un premier long en langue anglaise (même si Louis a fait un «Movie of the week» aux States récemment), The Timekeeper risque malheureusement de passer complètement inaperçu. C’est dommage, car on l’aime bien, Louis.

Un film plate, qui traînait sur les tablettes de Christal Films depuis bientôt deux ans. Au Canada anglais, les gens n’encouragent pas leur cinéma. Et ici au Québec, le film risque de durer 2 semaines en salles, 3 tout au plus.

Qui va aller voir ça au juste ? Les inconditionnels de Roy Dupuis ?

Dommage !

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Jean-Nic Labrie

Parce que le ciné c'est aussi Marcel Leboeuf, Christophe Lambert, Jeff Goldblum et Yahoo Serious.

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