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Dans le ventre du dragon

René Malo, le 12e hommagé de la soirée des Jutra

Jean-Nic Labrie
21 janvier 2010

Rene_Malo

Je vous fais une confidence ; quand j’ai appris aujourd’hui que c’est René Malo qui allait recevoir le Prix-Hommage lors de la prochaine cérémonie des prix Jutra, j’ai réagi instinctivement de la façon suivante.

Tabarnak. Pas encore un hommage a une vieille picouille de baby-boomer. On n’a pas appris avec Fernand Dansereau l’année dernière.

* * *

À l’instar de Laraque, j’ai respiré par le nez, pris le temps de réfléchir, et choisi de peser mes mots avant d’y aller d’un billet inutilement incendiaire et irrespectueux. Éviter de laisser mon sang bouillonner trop longtemps fut une bonne idée. J’en ai profité pour m’informer sur l’homme avant de devenir fielleux.

Bon.

Qui c’est ça, Malo ? C’est un type qui a (évidemment) beaucoup fait pour le cinéma au Québec, et pour la culture en général, faisant sa marque comme producteur et distributeur. Il a produit 25 films tout au long de sa carrière, en plus d’en distribuer plus d’une dizaine, tant en France qu’au Québec au début des années 70.

Comme producteur, on lui doit notamment L’Aile ou la cuisse, réalisé par Claude Zidi, avec Louis de Funès et Coluche. Sonatine, de Micheline Lanctôt, Les Portes tournantes, de Francis Mankiewicz, et surtout Le Déclin de l’empire américain, de Denys Arcand, un film qui s’est rendu assez loin à l’international, c’est lui aussi.

À titre de distributeur, il avait réussi à mettre la patte sur plusieurs grands films français, question de les faire découvrir aux cinéphiles québécois. Parmis ses prises, notons Diva de Jean-Jacques Beineix, Un dimanche à la campagne de Bertrand Tavernier, Une journée particulière d’Ettore Scola et Vivement dimanche, le dernier film de François Truffaut.

* * *

René Malo, c’est aussi un mécène.

La fondation René Malo vient en aide principalement aux organismes dédiés aux enfants, à l’éducation, la culture et la santé. À partir d’une contribution de la fondation René Malo, l’Université du Québec à Montréal a créé en 2006 la Chaire René-Malo en cinéma et en stratégies de production culturelle, dirigée par Paul Tana. Une chaire que moi, diplômé du Baccalauréat en communications de l’UQAM en 2005, n’a pas pu profiter hélas.

Alors voilà, j’ai pas eu raison de me calmer ? Faut respecter les aînés, comme dirait l’autre.

Reste à voir maintenant si l’hommage (bien mérité) qu’on lui réservera le 28 mars prochain ne sera pas aussi merdique que celui décerné à Fernand Dansereau l’année dernière…D’ailleurs, je me pose la question : doit-on obligatoirement hommager un vétéran dans les galas ?

Je réponds non, sans hésiter. Mon vote va à Dolan.

Pas encore de commentaire.

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Jean-Nic Labrie

Parce que le ciné c'est aussi Marcel Leboeuf, Christophe Lambert, Jeff Goldblum et Yahoo Serious.

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