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Dans le ventre du dragon

La SODEC et les auteurs

Jean-Nic Labrie
24 avril 2010

Ça brasse à la SODEC.

Le nouveau boss de la Société, François Macerola, est peut-être l’un des types les moins populaires en ville ces jours-ci. Le mec a récemment soulevé la grogne chez plusieurs cinéastes québécois en annonçant la semaine dernière qu’il souhaitait étouffer le branding «Cinéma d’auteur» au sein de l’organisme, et qu’il envisageait de créer un fonds spécial pour les films commerciaux plus rentables.

Il n’en fallait pas plus pour qu’un regroupement de quelque 80 cinéastes, formé notamment de Xavier Dolan, Philippe Falardeau, Denis Villeneuve, Léa Pool, Bernard Émond et Rodrigue Jean grimpe aux barricades, en signant une lettre dans laquelle il énonçait ses inquiétudes face au projet de réforme du dit-monsieur.

* * * * *

Tout ça pour dire que vendredi dernier, la SODEC, malgré la tourmente, a donné son aval à huit projets. Et non, je n’ai pas été choisi. Normal, j’ai pas de projet.

Par contre, L’Appât, le prochain film d’Yves Simoneau, avec Guy A. Lepage (?!?!) comme vedette, sera financé.

Ça faisait vraiment, vraiment longtemps que le mec n’avait pas tourné chez lui. Juste pour ça, je m’en réjouis. J’ai hâte de voir ce qu’il va faire.

Pour ceux que ça intéresse, les nouveaux titres de Philippe Falardeau (C’est pas moi je le jure), Manon Briand (2 secondes), Ken Scott (Les doigts croches), Micheline Lanctôt (Suzie), Kim Nguyen (La Cité, Truffe), Sylvain Archambault (Pour toujours les Canadiens) et Simon Lavoie (Le Déserteur) ont également été retenus.

* * * *

Pour ce qui est de mon point de vue sur les nouvelles vélleités de la SODEC ; disons que pour ma part, je suis pour l’équilibre. La modération. Le juste milieu. Ça l’air plate de même, mais je vais vous expliquer pourquoi.

Je n’ai pas envie qu’on revienne à une certaine époque, heureusement révolue aujourd’hui, ou 5% de la population allait voir son cinéma, peu importe la nature. Par contre, je ne veux pas non plus qu’on se mette à faire des pâles copies de films hollywoodiens, avec nos budgets siphonnés à même les fonds publics de surcroît, ce qui donne des Bon cop bad cop qui coûtent 4,95$ à faire. Soyons honnêtes, on n’a pas les bidoux nécessaires pour jouer dans ce genre de plate-bandes là ; un film d’action fauché, ça paraît, et c’est poche. J’en ai marre de dire «….ouin mais pour un film québécois c’est pas pire….». Ne soyons pas la grenouille qui se pense aussi grosse que le boeuf.

Concentrons-nous davantage sur des C.R.A.Z.Y, des Horloge Biologique et des Grande Séduction, des films qui à mon avis réussissent l’alliage peu évident film d’auteur – succès commercial, et font courir les foules et réjouissent la critique.

Plate à dire, et croyez-moi que j’en suis peiné, mais si tu veux faire du cinéma plus difficile, hermétique, change de pays. Parce qu’ici, malheureusement, les Rafaël Ouellet, Maxime Giroux, Denis Côté, Stéphane Lafleur, Henry Bernadet et compagnie, on les finance pas.

Dans le fond, être cinéaste, je l’aurais signé, la lettre !

*Sources : Cyberpresse, Rue Frontenac

Un commentaire
  • La Pimbêche
    24 avril 2010

    Tu écris magnifiquement! Précis et concis.

Dans le ventre du dragon

Jean-Nic Labrie

Parce que le ciné c'est aussi Marcel Leboeuf, Christophe Lambert, Jeff Goldblum et Yahoo Serious.

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