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Dans le ventre du dragon

Lance et compte sur un écran près de chez vous, ça vous intéresse ?

Jean-Nic Labrie
1 juin 2010

Ça a commencé avec les trois premières saisons, tournées dans la deuxième partie des années 80, diffusées à Radio-Cadenas.

J’étais ti-cul et je trippais ; le lendemain d’un épisode, on s’en parlait, autant dans la cour de récréation que chez la gardienne. Pierre Lambert pogné en Russie, Jean Leloup (je ne savais pas que c’était lui à l’époque) qui tue une police, Mac Templeton qui se garroche dans les estrades pour organiser le tata fefan des Flyers qui avait versé sa bié sur le beau Marc Gagnon, Marc-André Coallier qui déflore Valérie Valois…Pour vrai ça torchait tout ça. Dans ma tête de gamin, c’était impressionnant. Même que je croyais que la Valois, qui fait aujourd’hui des pubs de yogourt Activia, serait mienne un jour.

Je me rappelle particulièrement cette scène où Roch Voisine (A.K.A Dany Ross) se rasait peinard dans sa salle de bains, quand son flirt du moment est débarqué à l’improviste, le temps d’une tite-vite bien sentie (l’histoire ne dit pas si Roch l’a assis sur la sécheuse par exemple). La fille avait poussé le beau Roch sur le lit, la face encore plein de mousse à barbe. Elle avait ensuite enlevé son top pour y flasher ses deux beaux joes, émerveillant ainsi une gang de p’tits morons pré-pubères qui n’en demandaient pas tant.

Comme si c’était hier, je dis.

* * *

1990. La série télé prend une nouvelle tournure. Ça sera quatre téléfilms, et rien d’autre ; Radio-Cadenas dit non, c’est TVA qui prend le relai. Après un hiatus de 15 ans, la série revient en mode télé, sur les ondes de TQS cette fois, et là moi, je ne suis pas au rendez-vous, évidemment. Les Nordiques sont morts, je ne regardais pas la télé…et je me crissais bien d’un retour de cette série sur les ondes, j’avais passé à autre chose. J’avais entres autres découvert le cinéma…

25 ans plus tard, avec la machine Quebecor pour les supporter, Lance et compte est toujours un phénomène bien vivant au Québec. L’auteur de la série, Réjean Tremblay (partez-moé par sur lui…), ne souffre visiblement pas du syndrôme de la page blanche, et pond des épisodes à la chaîne, un peu comme Watatatow, aux rebondissements pour le moins farfelus (roulette russe quelqu’un ?).

* * *

D’où ma grande stupéfaction d’apprendre, en allant voir Avatar aux alentours de Noël dernier, que Lance et compte, la série cool des années 80, allait devenir un film, après avoir vu sa sauceeeeee être si étirée au petit écran. Ça frise le ridicule, vous en conviendrez. Pour vous donner une idée, je vous suggère de regarder la bande-annonce, qui est diffusée en salles depuis peu.

Pour vrai, c’est quoi le maudit rapport ? Expliquez-moi kekun, je n’y comprends rien. (En fait si, je comprends, mais bon).

Ça me scie en deux de savoir qu’ils ont reçu 4,7M$ des institutions. Un tel montant, ça ferait deux films d’auteur à 2,35M$ de budget chacun non ? Encore une fois, on a choisi la facilité. Zéro risques.

Je me console comme je peux ; je suis content de voir que ce n’est pas Jean-Claude Lord, un baby-boomer qui n’a plus d’essence dans le réservoir depuis longtemps, qui a réalisé la chose. Chaque médaille ayant deux côtés, c’est Frédérick D’Amours, un réal. très connu dans sa famille, qui a reçu le mandat de mettre «ça» en images. Pour votre info, D’Amours, c’est le type a réalisé les deux À vos marques…Party ! Ayoye…

Lance et compte, le film ? Admettons que je suis un jeune cinéaste tanné d’attendre sa chance et qui se fait dire «non« depuis des années, je pense que j’aurais le droit d’être en beau tabarnak.

3 commentaires
  • Joël Martel
    1 juin 2010

    J’ai hâte de voir le film qu’ils vont faire avec Virginie.

  • Rick
    1 juin 2010

    L’auberge du chien noir a fait un disque, pourquoi pas un film après?

  • Philippe Daigle
    2 juin 2010

    je pense que ça rentre dans la catégorie film de genre et que la sodec l’a dit, elle veut les favoriser.

    en tabarnak pareil, remarque.

Dans le ventre du dragon

Jean-Nic Labrie

Parce que le ciné c'est aussi Marcel Leboeuf, Christophe Lambert, Jeff Goldblum et Yahoo Serious.

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