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Dans le ventre du dragon

Fantasia 2010 : un premier contact riche en émotions

Jean-Nic Labrie
13 juillet 2010


The Life and death of a porno gang : dérangeant, puissant, captivant.

MONTRÉAL – Fantasia 2010 a déjà un premier week-end derrière sa 14e cravate, mais en ce qui concerne le Ventre du dragon, le festival a débuté avec quelques jours de retard. C’est que voyez-vous, il n’y a pas que le cinéma de genre dans la vie, hélas.

Je vous rassure tout de suite, amis lecteurs ; personne n’est mort dans mon entourage immédiat, je ne me suis pas fait voler mon bike, et non, je n’ai pas passé la fin de semaine en prison. Peut-être que les films de ce premier week-end ne m’interpellaient pas autant qu’espéré ?

Et puis, qu’est-ce que vous en avez à foutre de tout façon !

Tout ça pour dire que mon festival a débuté ce lundi à 15h10, dans la salle J-A De Sève, avec la deuxième (et dernière) projection du controversé The Life and death of a porno gang, tiré du volet Subversive Serbie, programme qui contient assurément la sélection de films les plus intéressants cette année. Pour vous dire la vérité, j’ai pris ça relax, je me disais que les masses ne se déplaceraient pas autant un lundi après-midi pour aller voir ça ; grande erreur que ce fût, oh boy. C’est pas mêlant, je me suis ramassé dans la 2e rangée en avant, la face collée dans les genoux. J’ai passé tout le film à gigoter tellement j’étais peu confortable.

J’ai gigoté aussi, parce que le film contient son lot de scènes dures à regarder. En gros, ça raconte l’histoire de Marko, un jeune cinéaste qui sort de l’école, la caboche pleine d’idées de long-métrages. Mais comme ici au Canada, obtenir du financement en Serbie semble loin d’être évident, il se tourne donc vers la facilité en étant initié au monde de la pornographie.

Il s’en lasse assez vite cependant. Mais le jeune Marko a l’esprit toujours aussi affûté, il veut repousser les limites du genre ; il réussit à convaincre plusieurs individus à la personnalité déjantée, dans le but de monter une troupe théâtrale ambulante, qui se spécialisera dans le cabaret porno. Le «Porno Gang» quitte Belgrade et part présenter son spectacle extrême dans les nombreux petits villages du pays, suscitant l’émoi partout où il passe.

Bien vite, le concept atteindra des limites que personne au sein de la troupe n’avait osé imaginer…

TRÈS SÛR : À prime abord, on pense tout de suite à Lars Von Trier, mâtiné de Trainspotting, et de cinéma subversif international du début des années 70. Ça fesse, ça dérange, et c’est loin d’être désincarné. Malgré le climat extrême du film, les personnages sont fort bien définis, la trame est crédible, et le résultat, percutant, parce que très fort dramatiquement et loin d’être aussi con qu’il en a l’air. On va l’avoir dans la mémoire longtemps celui-là.

PAS SÛR : Mais pourquoi diable le réalisateur Mladen Djordjevic ressent le besoin de TOUJOURS tuer dans l’oeuf ses scènes les plus fortes, dans lesquelles surgissent amour, tristesse, émoi, peur ? Comme si le type s’était donné comme mandat de ne jamais quitter des yeux la subversion de son propos. Décisions donc prises au montage ? Fort possible, celui-ci étant douteux régulièrement tout au long du film. Ça finit par laisser un petit goût de gratuité en bouche.

Rire au-dessus de ses moyens

Je finis de taffer à 21h30. À 21h32 (je précise : je ne passe pas la moppe à Concordia), je suis dans la file pour The Revenant, un film américain réalisé par Kerry Prior, un expert en effets spéciaux qui a déjà travaillé sur des films comme The Lost Boys, The Abyss, Nightmare on Elm street III et quelques autres.


The Revenant : imparfait, mais somme toute très drôle.

Mitch Davis le présente à la foule, avant le début de la projection. Tonnerre d’applaudissements. Le gars arrive au micro, pareil comme si il avait le souffle coupé. Bienvenue à Fantasia mon homme.

Son film raconte l’histoire de l’officier Bart Gregory, mort au Moyen-Orient et revenu aux USA dans une tombe. Peu après ses obsèques, la nuit tombée, Bart se réveille, et réussit à sortir de son cercueil. Le type est toujours mort, mais vivant en même temps…Vous me suivez toujours ?

Son premier réflexe est d’aller réveiller en pleine nuit son ami Joey, qui a consolé la veille la blonde de Bart en lui faisant l’amour comme un déchaîné. Après mûre réflexion, les amis en conviennent que Bart est un revenant. Vampire ou zombie, ils ne sont pas sûrs, mais revenant, ça c’est clair.

Il a besoin de sang, mais refuse d’attaquer des innocents…C’est là qu’il se met à mettre son immortalité à profit : personne ne peut le blesser, encore moins le tuer. Il se transforme donc en justicier, pour corriger les petites frappes de dépanneurs et de sacoches, et pour ainsi assouvir son besoin d’hémoglobine.

TRÈS SÛR : C’est très drôle, du début à la fin. Prior donne un nouveau souffle au genre «buddy comedy», en imposant des personnages moins caricaturaux et un scénario qui sort des sentiers battus. Plusieurs références au 7e art (merci à ALEX JULIEN pour la «quote» tirée de Dirty Harry). C’est sympathique, et on rigole un bon coup.

PAS SÛR : Malgré les beaux flashes, ça reste un premier film ; ça part souvent dans toutes sortes de directions disparates, ça aurait gagné à être plus tassé. On a aussi l’impression que le film a été rafistolé à plusieurs reprises, et à plusieurs niveaux : on sent que des scènes ont été tournées et rajoutées après moult réflexions en salle de montage. On sent les ruptures de ton, même au niveau des effets spéciaux : ils sont parfois étonnants, parfois ils le sont moins. Une impression générale qui donne un film en dents de scie.

* * * * * *

À SURVEILLER MARDI 13 JUILLET : Tears for sale, un autre chapitre de la série Subversive Serbie. 22h, Théâtre Hall.

2 commentaires
  • olester
    13 juillet 2010

    Yes !

  • Alexandre
    13 juillet 2010

    Haha pas pire la blogue. J’aime bien ta critique.

Dans le ventre du dragon

Jean-Nic Labrie

Parce que le ciné c'est aussi Marcel Leboeuf, Christophe Lambert, Jeff Goldblum et Yahoo Serious.

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