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Dans le ventre du dragon

En route vers le 34e Festival des zzZZzz du monde !

Jean-Nic Labrie
11 août 2010

On annonçait hier la programmation du 34e Festival des films du monde de Montréal, avec à sa tête l’increvable, le seul et unique Cherze Losique. Le père de la charnelle Anne-Marie sévit encore à la tête de ce festival, qu’il a fondé de ses propres mains en 1977.

Bon, soyons sérieux deux secondes, et posons (encore une fois) LA question qui tue : ça intéresse qui, le FFM ??

ZZZZzzzzZZZzzzzZZZZzzzzZZZ.

Bordel, non mais quel boulet mes amis.

Je suis d’accord pour affirmer que ce festival a déjà été pertinent à une certaine époque (37°2 le matin, un de mes films préférés, a remporté le Grand Prix des Amériques en 1986), mais depuis le début des années 2000, ce festival est devenu une vraie joke.

Une joke plate, si vous voulez mon avis.

On doit rire en masse de nous autres à l’international, avec ce festival complètement obsolète, dépassé, figé dans la pierre, et surtout, très plate. C’est drabe, ça pas d’allure.

Il faut le dire, que ce festival est à l’image de sa clientèle ; ancien, conservateur, ennuyant, et têtu comme un vrai baby-boomer en fin de parcours. Au diapason de LA population, de plus en plus vieillissante.

Et même si chialer sur le FFM est devenu une sorte de sport national depuis quelques années, faut quand même que j’admette que le FFM, oui je m’en sacre, mais pour vous dire la vérité, ça me déprime plus que d’autre chose.

Vous avez juste à me dire de ne pas y aller, si je trouve ça si plate que ça. De ne pas perdre mon temps à chialer. Ne vous inquiétez pas, vous ne verrez pas ma face là, je vous en conjure. On a notre Fantasia, les têtes blanches ont leur FFM. Un point c’est tout.

J’ai quand même le droit de chier sur ce festival si ça me chante ; et croyez-le ou non, ça fait du bien !

* * * *

On se demande avec le plus grand sérieux du monde, si le FFM, année après année, daigne faire une réelle sélection dans le choix de sa programmation. Pour sa 34e année, les amateurs de films INCONNUS auront la chance de voir au total 430 titres, tout ça en 12 jours s’il-vous-plaît, dans la période la plus plate de l’année (fin août – début septembre) : 227 longs métrages, 15 moyens et 188 courts, en provenance de 80 pays. Près d’une centaine d’entre eux seront présentés en première mondiale ou internationale.

Non mais ça m’en fait une belle jambe !

J’ai travaillé au cinéma Parisien de 2001 à 2005. Jusqu’en 2004, le FFM louait le cinéma au complet et ses vétustes salles, pour y présenter la grande majorité de ses projections. Aujourd’hui, ce cinéma de la rue Ste-Catherine est fermé, laissant la place à un local commercial tout neuf, encore vacant d’ailleurs.

Encore aujourd’hui, quand je passe devant, le coeur me pince. Mais pas à cause du FFM, bien sûr. Oh que non.

J’ai donc travaillé dans cet environnement les deux mains dedans, lors des éditions 2002, 2003 et 2004. Je sais donc de quoi je parle. Entres collègues, alors que les films défilaient à plein régime dans les salles, on aimait bien se foutre de la gueule des petites madames guindées, La Baie style, qui venaient se plaindre de la mauvaise haleine d’un monsieur dans la file d’attente. Ou des journalistes qu’on aimait griller aux portes, quand ils arrivaient en retard et que le quota de médias était atteint.

Je nommerai personne, mais j’ai vu une «journalisse» de Radio-Cadenas péter une crisette live dans ma face, le matin d’une projection quelconque. Elle était arrivée avec une bonne quinzaine de minutes de retard, toute démaquillée (j’avais du mal à la reconnaître d’ailleurs à cause de ce détail), et elle nous suppliait de la faire rentrer, malgré le quota. «Vous savez, j’ai un topo à faire sur ce film, gna gna gna»…Le grand boss arrive, lui explique la situation, se perd en tergiversations, etc.

Elle a finit par entrer, mais au final, elle a manqué la moitié de son film. Bleeeeh.

J’aurais tellement aimé voir son topo.

* * * *

Je chiale je chiale, mais vous avez vite compris (enfin j’espère !), que je suis un brin cynique. Et que le FFM, malgré mon immense désintérêt à son égard, n’est pas 100% dégueulasse.

Ce festival permet de diffuser des films vraiment obscurs, que jamais on aurait la chance de voir autrement. On peut y faire des découvertes, comme on peut peut y perdre royalement son temps. Et je suis d’accord pour dire qu’à Montréal, on a Fantasia, on a le FNC, on a le FFM, et qu’il y a de la place pour tous. Il y en a pour tous les goûts.

À chacun son chemin, en somme. Et je réitère : chier sur le FFM, ça soulage :)

Un commentaire
  • Kristof G
    11 août 2010

    Bien dit, Jean-Nic!

Dans le ventre du dragon

Jean-Nic Labrie

Parce que le ciné c'est aussi Marcel Leboeuf, Christophe Lambert, Jeff Goldblum et Yahoo Serious.

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