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Dans le ventre du dragon

LE film qui a changé ma vie

Jean-Nic Labrie
1 décembre 2010

On devait avoir 14 ans quand on a loué ça, mon pote L-P Lebel et moi.

On habitait St-Germain de Grantham à l’époque. Un petit bled proche de Drummond, à vocation agricole bien sûr. À part chez Mado, le dépanneur de la place (et qui m’a d’ailleurs donné ma première job), il fallait convaincre les vieux de prendre le char et d’aller virer en ville, pour y louer jeux et films. Tu voulais du Super Nin, du Genesis, du film d’horreur rare, t’allais en ville. Au SuperClub International, faut-il préciser. Tu voulais Delta Force ou Total Recall, t’étais correct au Mado.

Un moment donné, quelqu’un a eu la brillante idée d’implanter un vrai club-vidéo en plein centre du village. Je m’en rappelle très bien, j’étais allé voir de quoi il en retournait, une journée d’été de 1993 ; la peinture n’avait même pas encore fini de sécher, la commis écoutait le 6 à 6 de CKOI (Spin Doctors y règnait), j’étais s’ul bord de finir mon primaire.

Bref, ça pas été long, je me suis abonné. Club-Vidéo Superstar, que ça s’appelait. C’est là qu’on a loué LE film.

* * * *

C’est dans ces années-là que j’ai commencé à m’intéresser vraiment au cinoche. C’est sûr que lorsque tu es ti-cul, entre 8 et 11 ans mettons, tu regardes des films, ils te restent dans la tête, ils t’habitent ; t’en parles avec tes amis à l’école pendant la récréation, même que tu vas «jouer» à ces films-là un moment donné (j’ai pas mal joué à Predator et Die Hard quand j’étais gosse). On serait encore ici demain matin si je commençais à nommer certains films qui nous ont marqués dans ces années-là ; rapidement, ceux qui me viennent à l’esprit :

-L’Histoire sans fin
-Face à la mort
-Retour vers le futur
-La guerre des tuques
-Youngblood

etc.

Mais à partir de 12 ans, on dirait que tes goûts commencent à s’affiner. T’évolues, tu vieillis. Et tu commences à en regarder pas mal, des vues. Sans les parents. En ce qui me concerne, je m’abreuvais à diverses sources à l’époque ; en salles (j’y allais facilement une fois par semaine), au club-vidéo, Super Écran piraté, Maison Columbia, télé conventionnelle, même le ciné-parc Drummond, dans un champ pas loin de chez moi…Sans compter les films que tu regardes chez les amis, les cousins…

En plus de regarder des films, je lisais beaucoup sur la chose également. Je dévorais littéralement les sections ciné du TV Hebdo, 7 Jours, Le Lundi quand j’allais chez ma grand-mère ; je lisais toutes les descriptions, les critiques, les commentaires de René-Homier Roy…J’étais pas mal au courant de ce qui sortait.

Et c’est là que CE film-là est venu me chercher, qui fait en sorte que je suis là où j’en suis dans ma vie, encore aujourd’hui d’ailleurs. Un film qui m’a fait espérer, l’espace d’un long moment, qu’écrire et réaliser des films, c’est une passion qui pourrait me ferait vivre.

* * * *

Je me rappelle avoir lu la critique DU film dans le cahier «fin de semaine» d’un certain journal en lock-out, le week-end de sa sortie au Québec. Le titre DU film me fascinait. Je voulais le voir, c’est clair. Mais LE film n’était pas à l’affiche dans ma ville. Je me rappelle pas avoir été fâché ou déçu. Simplement curieux. Petit impair ? Nah, quand même ; c’est pas évident d’avoir des films pointus en région. Malgré l’accroc, je n’ai rien à dire de négatif au sujet du Cinéma Capitol ; c’est à cet endroit que j’ai alimenté ma passion naissante du ciné. Même que les lundis soirs, y’avait un film répertoire, j’y ai vu Cours Lola Cours en version originale allemande là-bas. Mais je m’égare.

Donc, LE film. Il finit par sortir au Capitol, pendant les Fêtes de 1994, soit 2 mois après sa sortie en salles. Chu même pas allé, c’était coté «16 ans et plus» de toute façon.

Quelques mois plus tard, il sort en vidéo, Lebel sort l’idée, on finit par le louer. À St-Germain, les soirs d’été, quand t’es en vacances scolaires, tu fumes du pot, tu bois d’la bié, et tu regardes des films. Comme partout ailleurs, finalement.

J’vous jure, ça dû prendre 2 min., et Lebel et moi, on était sur le cul.

Il restait encore 2h30 au film, mais on était déjà enchaînés. La toune du générique, je me rappelle encore l’effet que ça avait eu sur moi ; j’étais drillé. Conquis. Séduit. Drette là. J’étais crinqué à l’os.

Les scènes passent, et on avait vraiment l’impression d’assister à quelque chose de vraiment mémorable. On avait cette drôle d’impression que le film savait comment nous parler ; tout était tellement cool

Une solide heure après la fin du film, on était encore complètement chamboulés. On lâchait superlatifs par-dessus superlatifs. On venait de se faire scier. Je ne compte plus les fois ou j’ai revu LE film depuis. En anglais, en français, à TVA, TQS, à Montréal. Ironiquement, je l’ai jamais vu en salles.

Dès lors, j’ai su que j’allais étudier le ciné à l’école. Ça fait 16 ans de cela, un D.E.C en Arts et Lettres, un certificat en Scénarisation cinématographique, et un baccalauréat en Communications plus tard. Diable.

* * * *

Tu pensais que j’allais te teaser jusqu’à la fin et te donner le titre du film en guise de punch ? Come on, chose.

De toute façon, on n’a jamais réellement connu le contenu de la maudite valise non plus, personne n’est viré fou grâce à cela…

6 commentaires
  • [...] This post was mentioned on Twitter by Philippe Daigle and swanpr, BangBang. BangBang said: LE film qui a changé ma vie: Jean-Nic Labrie, sur son blogue : Dans le ventre du dragon http://bit.ly/gAwn4x [...]

  • Kevin Laforest
    1 décembre 2010

    Drôle, c’est exactement LE même film pour moi…

  • Jean-Nic Labrie
    1 décembre 2010

    Haha !

  • Fred
    1 décembre 2010

    Moi aussi j’Ai une bonne idée de ce film je dirais même qu’il y avait maria de meideros la portugaise….

  • Mike Savard
    2 décembre 2010

    Moi aussi j’ai une bonne idée…
    C’est sorti en quelle année Titanic?

  • Kristof G.
    4 décembre 2010

    Haha! Pulp Fiction, évidemment. Quel merveille. Tarantino, le plus geek des pro. Dire que je ne l’ai pas vu en salle non plus. Sorti en même temps, j’avais plutôt choisi son cousin de la fesse gauche, Natural Born Killers, scénarisé par le même monsieur, que je suis allé voir 3 fois au cinoche, en français, dans mon Chicoutimi natal. J’ai loué PF quand c’est sorti et j’ai été tout aussi ébloui. Du génie.

    J’ai depuis une section dédiée au maître dans le ‘club vidéo’ qui me tient lieu de salon, avec quasiment tous ce qu’il a réalisé, produit, scénarisé, distribué ou joué dedans, tout comme ceux de son pote Rodriguez et tout plein d’autres réalisateurs exceptionnels (Lynch, Cronenberg, les Coen, Raimi, etc…). J’ai même la figurine de son pervers perso dans Planet Terror. Fan fini, j’vous dis…

Dans le ventre du dragon

Jean-Nic Labrie

Parce que le ciné c'est aussi Marcel Leboeuf, Christophe Lambert, Jeff Goldblum et Yahoo Serious.

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