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Dans le ventre du dragon

Du rattrapage

Jean-Nic Labrie
21 décembre 2010


Le réalisateur Edgar Wright et Michael Cera, Scott Pilgrim vs. the World

On appelle ça du «rattrapage». Quand t’as pas le temps d’aller voir ce qui sort en salles, quand tu sais que tu as la vie devant pour voir les vues, tu te rattrapes en les regardant un moment donné, un moment que tu juges opportun.

Le week-end dernier, j’ai comme eu une rage. Une rage de nouveau stock. C’est quand même rare que ça arrive. J’ai plein de vieux tapes ici que j’ai même pas encore regardés, mais j’avais envie de voir du neuf, question de me sentir «de mon temps».

Je me suis loué 4 films. Un peu plus et j’en louais un 5e. Me suis calmé.

4 films, donc.

* * * *

Je commence mon week-end filmique par une vue anglo-québécoise, The Trotsky, réalisé par le Montréalais Jacob Tierney, celui-là même qui avait brassé d’la marde cet été en y allant d’une sortie digne d’une présence à Tout le monde en parle.

(Aparté : en passant, quand il était gosse, Jacob Tierney a joué dans Fais-moi peur ; il pitchait de la grenaille dans le feu de camp.)

Malheureusement, Guy A. Lepage n’anime pas son show pendant l’été. Même si l’histoire a soulevé quelques vagues dans les médias, incité la population à créer un groupe sur Facebook (dont le dernier commentaire remonte au 11 août dernier), et favorisé quelques discussions houleuses dans nos salons fort humides, le bazar a duré 1 semaine début juillet, et depuis, on n’en a plus réellement entendu parler.

Même chez Guy A., ça aurait donné la même chose, remarquez.

Au lieu de me lancer dans le discours politique de bon aloi, je me contenterai de commenter le film que j’ai vu. Je précise que je l’ai loué au Septième, mon club vidéo répertoire favori. J’aurais pu demander à Julie ce qu’elle pense d’Éléphant sur Illico, de Netflix, mais j’y ai pas pensé.

The Trotsky. J’ai trouvé le film un peu plate. «Un peu plate». J’me fais rire moi-même.

D’abord, c’est beaucoup trop long, on aurait pu enlever un bon 25 minutes sans problèmes. Le scénar aussi, parlons-en. Le sujet n’est certes pas très grand public, pour ne pas dire mal connu : un étudiant de dix-sept ans, qui se nomme Leon Bronstein (Jay Baruchel, bon mais pas encore «arrivé»), se prend pour la réincarnation de Léon Trotsky (dont le nom de naissance était précisément Leon Bronstein) et s’affaire à syndicaliser les élèves de son école secondaire publique.

Si vous vous rappelez de votre cours d’histoire de secondaire 5, vous savez donc qui est Léon Trotsky. Sinon, garrochez-vous sur Wikipédia.

L’effort est fort louable, cela va de soi. C’est rafraîchissant de voir de nouveaux visages au cinéma québécois, de même que des thématiques qui nous sortent de nos pantoufles. L’idée de départ est certes intéressante sur papier, mais le concept tourne rapidement à vide, c’est un peu mince comme filon, ça manque de dynamisme. Et on n’est pas loin de faire l’apologie du communisme, même si Tierney a déjà réfuté cette affirmation.

Cela dit, Jacob Tierney, qui a aussi joué dans Watatatow, a du talent, et un papa producteur de ciné (Kevin a produit Bon cop Bad cop). Il ira quand même loin, chu pas inquiet.

* * * *

On change de registre complètement, pour le 2e disque. Je me tape Scott Pilgrim vs. the World. Et j’ai vraiment adoré !

Un 2 heures très enrichissant. Je salue le talent d’Edgar Wright. Et j’aime beaucoup Michael Cera, un jeune acteur canadien (comme Baruchel) dont le personnage d’innocent / naïf / cutie / indie / comique me fait beaucoup rire. Il joue toujours le même personnage partout, mais je le prendrais dans mon équipe de hockey cosom pareil.


Brandon Routh interprète Todd Ingram, végétalien et troisième ex de Ramona.

Plus tôt cet été, je m’étais tapé Kick-Ass, que j’avais trouvé fort brillant aussi. Je me demande lequel des deux j’ai le plus aimé, tellement ces films sont modernes, en parfaite symbiose avec leur époque, et diablement intelligents.

Dans 30 ans, j’aimerais qu’on se rappelle de 2010 avec Kick-Ass et Scott Pilgrim. Et probablement aussi avec The Social Network, même si je l’ai pas encore vu. Je prends une chance.

* * * *

Dimanche soir, je me fais plaisir, je me tape un film de casse qui a l’air bon, The Town, réalisé et interprété par Ben Affleck. J’aime les films de casse ; d’ailleurs, ma carrière manquée, c’est braqueur de banques. J’aurais aimé qu’on me surnomme «M.Pop», je me voyais devenir spécialiste des caisses populaires.

Me semble que ça doit être cool, détrousser des caisses en région. À Amqui genre.

Le film est plutôt moyen finalement. Pas assez développé, trop en surface. Dans un film de casse, tu dois prendre le temps de bien définir tes personnages, creuser, aller dans la profondeur. Il faut y aller de la bonne façon. C’était justement la force de Heat, de Michael Mann, et de Dog Day Afternoon, de Sidney Lumet. Des vrais personnages de chair et de sang. Pas en cartron.

Ben Affleck comme réalisateur ? Son film est bien fait, c’est lisse, rien ne dépasse, mais bordel, on ne sent pas la réalisation, qui est trop générique. Ça manque de signature.

Malgré tout, même si c’est CONVENU, j’ai passé un bon moment. L’année prochaine on s’en rappellera plus, c’est tout.

* * * *

J’ai gardé le meilleur pour la fin ; Gainsbourg, vie héroïque, sûrement l’un des meilleurs films que j’ai vus cette année.

Je suis un grand fan de Serge. Et je suis devenu un fan du film. Joann Sfar est un génie ; le mythe Gainsbourg, sa carrière hors-normes et son génie se prêtent très bien à l’univers fantasmagorique du conte. En aucun cas j’ai été dérangé par les libertés oniriques. Bravo pour l’audace.

À la fin du film, j’avais le goût de plonger dans Gainsbourg. Dans ses disques, ses DVDs.

Avec de telles dispositions, encore eut-il fallu que le pari soit relevé, ce qui fut fait à mon avis. Son film est diablement bien foutu ; malgré l’esbroufe passagère et une certaine redondance à l’arrivée de Jane Birkin, il y a plusieurs beaux moments de cinéma dans ce film-là (la scène avec Juliette Gréco entres autres, très belle).

Pour un green, Sfan a réussi à soutirer le meilleur de son acteur principal, l’incroyable Éric Elmosnino, tout simplement excellent. On le sent bien dirigé.

Un film «super, super bon», comme dirait les Trois Accords…

3 commentaires
  • Philippe Daigle
    21 décembre 2010

    je suppose qu’il n’est pas de bon ton de révéler ce que je sais de toi vs le détersif de Jacob.

    ok d’abord. je révèlerai pas.

  • C_100_60_9
    21 décembre 2010

    Comme une odeur de… de… de… Pas de citron en tout ca…

  • Jean-Nic
    21 décembre 2010

    Vous êtes cons :)

Dans le ventre du dragon

Jean-Nic Labrie

Parce que le ciné c'est aussi Marcel Leboeuf, Christophe Lambert, Jeff Goldblum et Yahoo Serious.

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