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Dans le ventre du dragon

Who is KK Downey ? : quand tu t’attendais à plus…

Jean-Nic Labrie
31 décembre 2010


Matt Silver et Darren Curtis

Ce film-là, ça faisait genre 2 ans qu’il était sur ma liste. Il était dans ma ligne de tir, je le voyais dans mes rétros. Mais j’en faisais pas une maladie ; je savais que je finirais par le voir un jour ou l’autre.

N’empêche que j’avais hâte de le voir. Ce ne sont pas les occasions qui ont manquées ; Fantasia, Rendez-Vous du cinéma québécois…J’ai visiblement loupé mes chances de le voir en salles. Je crois que j’étais en train me laver la tête, à chaque fois. Tant pis.

C’est comme Le Nombre. Je suis un fan de leur musique, mais ça a pris plusieurs années avant que je ne les vois en spectacle. Mieux vaut tard que jamais !

* * * *

Who is KK Downey ?, cette comédie bien québécoise sortie en septembre 2008, se veut le premier long-métrage du collectif anglo-montréalais Kidnapper Films, entité artistique à géométrie variable pilotée par Matt Silver et Darren Curtis. En plus de l’avoir écrit, ces deux lascars tiennent la vedette du film ; Curtis l’a même co-réalisé avec Pat Kiely, un autre membre du groupe, qui joue dans le film également.

L’équipe de Kidnapper Films est dans le paysage cinématographique indépendant montréalais depuis longtemps. Formé en 2001 avec comme noyau dur des étudiants en communication de l’université Concordia, on leur doit les événements Kidnapper Show, en plus des courts-métrage Sharkboy et The Christmas Miracle, ce dernier étant présenté à Fantasia en 2005.

Bref, j’habite à Montréal depuis presque 10 ans, j’ai étudié en comm., je suis le cinéma québécois depuis pas mal longtemps, et j’avais JAMAIS entendu parler d’eux auparavant. Faut croire que je ne lis pas assez le Mirror.

* * * *

Mine de rien, c’est le deuxième film anglo-québécois que je me tape en l’espace d’un mois. J’ai pas trop aimé The Trotsky, ma chum Val a trouvé ça nul, elle. C’est vrai que c’était trop long. Et plate.

La barre était basse. Ça nous fait voir un autre Montréal, un autre Québec par exemple. C’est au moins ça.

Kessé ça donc, KK Downey ; c’est l’histoire de deux clodos, Terrence et Theo, qui caressent le rêve de devenir populaires et cools. Mais ils sont ringards, vraiment. Terrence (D.Curtis) veut être une rockstar, mais son groupe, pour lequel Theo (M.Silver) joue de la batterie, est nul, il n’attire personne. Theo, quant à lui, a investi trois ans de sa vie dans son premier roman, intitulé Truck Stop Hustler, l’histoire dégueulasse d’un gigolo drogué. Cependant, personne veut le publier.

Bref c’est le cul-de-sac.

Au bout du rouleau, Terrence a cependant une idée lumineuse ; dans le but de précipiter la publication du roman, il propose à Theo de personnifier le personnage principal, un flamboyant gigolo transgenre et toxicomane au nom de KK Downey. Le buzz monte rapidement, le livre est finalement publié, KK Downey devient LE nom sur toutes les lèvres, et nos deux nazes goûtent enfin à la coolitude branchouille…Le subterfuge fonctionne, jusqu’à temps qu’un journaliste hip (et nouveau copain de l’ex de Terrence) fouille le dossier, et mette le complot à jour…

* * * *

Sur papier, ça a l’air bon. Le problème, c’est que le film, lui, ne l’est pas. Déception.

Amateur. Si j’ai à résumer toute la patente en un seul mot, c’est celui-là que je choisirais.

Le film se veut une tentative d’égratigner les hipsters et leur milieu, leur perception du monde, la quête ultime de célébrité et les mauvais côtés de celle-ci. Pari à moitié tenu. Ça manque de profondeur tout ça. Trop superficiel.

Les dialogues manquent cruellement de punch. Ya pas de jokes. On est loin de Superbad disons.

Et la réalisation ? Curtis et Kiely n’ont pas vraiment le sens du cinéma ; leur film a zéro souffle, j’avais l’impression de regarder un épisode d’une web-télé quelconque. Quand c’est rendu que le produit final ressemble à de la sous-télé, il y a problème. On est loin du septième.

Une gang de chums qui avait le goût de faire un long avec les moyens du bord, voilà ce que c’est, KK Downey. Ça aurait pu être charmant, mais non. Sans Dessein, d’un autre collectif montréalais indépendant (Dead Cat Films), est davantage réussi.

Dommage.

*Sources : IMDB, lecinema.ca, Fantasia

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Dans le ventre du dragon

Jean-Nic Labrie

Parce que le ciné c'est aussi Marcel Leboeuf, Christophe Lambert, Jeff Goldblum et Yahoo Serious.

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