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Dans le ventre du dragon

La Maison Columbia, c’est mort !

Jean-Nic Labrie
8 mars 2011

Quand même étonnant que la nouvelle soit passée autant dans le beurre (à moins que je vive sous une roche, probablement la vraie raison) : la filière canadienne de la Maison Columbia a fermé boutique en décembre 2010. Faillite totale, après plusieurs restructurations. Ça marche encore aux USA il paraît, sous un autre nom.

Eh ben.

C’est drôle tout ça. J’étais avec des potes tout récemment, on s’était fait une soirée d’écoute de musique. La discussion allait bon train, et entre Pulp et les Pixies, quelqu’un nous a offert ce magnifique flash : «Vous rappelez-vous de la Maison Columbia ?»

Haha ! Certain que je m’en rappelle. Quel vestige. Je me rappelle avoir lu dans leur catalogue, que Guns’N'Roses, selon eux, étaient «les rois du hardcore». Ça ne s’invente pas quand même…

Une fois arrivé chez moi, je me suis demandé de quoi avait l’air le catalogue, à quoi pouvait bien ressembler le Club aujourd’hui. Par simple curiosité. Et en fouillant, c’est là que je me suis rendu compte que ça n’existait plus. Que c’était mort.

Probablement parce que je suis quelqu’un de nostalgique, mais cette nouvelle m’a donné un choc. Je m’assume, ne vous inquiétez pas.

Je me souviens de la première fois ou nous avons reçu la fameuse feuille de timbres à la maison ; je devais avoir 12-13 ans, au début des années 90, époque la plus faste du Club soit dit en passant (selon Wikipedia). Mes potes aussi l’avaient tous reçus, et on s’en parlait dans l’autobus jaune, sur la route de campagne du village : «Maaan, on peut recevoir 12 disques, gratos en plus !!! As-tu fait tes choix ? As-tu demandé à tes parents ?»

Évidemment, ce n’était pas si simple. Vrai que tu recevais 12 disques «gratuits», mais fallait payer les frais de port et de manutentions, sans compter les taxes applicables. On s’entend que ce sont des pinottes, mais c’était quand même ça, la pogne ; on t’attirait avec des disques gratuits, mais par la suite, tu t’engageais (par contrat) à acheter un montant défini de disques au prix régulier, et t’avait 3 ans pour respecter le contrat.

Dans nos têtes de ti-cul, on s’en foutait, on voulait les disques gratuits, that’s it. Pour ma part, j’avais surtout hâte de les écouter dans mon nouveau discman, que j’avais reçu à ma fête ! (Pour votre info : non, je ne possède plus cette relique. Me le suis fait volé par un certain Ben, un clodo du Nouveau-Brunswick, qui était venu passer ses vacances chez sa tante :( )

* * * * *

Quand même, ce n’était pas évident d’en choisir 12, parmi cette fameuse feuille de timbres-là. Y’avait pas grand-choix, étant donné qu’ils voulaient représenter la musique de la façon la plus clairsemée possible. Se rendre à 6, c’était déjà tough ! Tu choisis quoi après coudonc ? Je regarde ce que j’avais déjà collé : Megadeth, Nirvana, Guns’N'Roses, Metallica…J’essaye-tu Pantera ? Beastie Boys ? M’a prendre une chance avec Stone Temple Pilots tiens. Our Lady Peace ? Mon frère va aimer ça.

J’en ai découvert des trucs, avec la Maison : Jon Spencer, par exemple. Rage Against The Machine. The Cure. Mais cibole, j’ai aussi essayé des trucs à chier, des trucs que je guessais, ne sachant pas trop quoi prendre, question d’honorer l’ostie de contrat. Vous vous rappelez de Primitive Radio Gods ?

On s’était également abonnés au Club Vidéo, qui proposait le même principe de la feuille de timbres de disques, mais pour les cassettes VHS. Mon père m’avait fait venir du Kubrick, entre autres.

Je me rappelle que j’aimais beaucoup lire les catalogues, qu’on recevait une fois par mois. Même si les libellés étaient, mais alors là, archi-nuls.

* * * *

Je ne connaissais plus personne de mon entourage qui était encore abonné à ce genre de truc par la poste. Et avec les ventes de CD en déclin, les DVDs qui se vendent maintenant pour des bouchées de pain et la concurrence faite par Amazon entre autres, pas étonnant de voir cette compagnie mourir de sa belle mort, elle qui a déjà obtenu des parts de marchés faramineuses – on parle ici de 15% de toutes les ventes totales de CD de l’année 1996, leur meilleure année. C’est énorme !

Tant pis. Même si je suis nostalgique !

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10 commentaires
  • JoeLassister
    8 mars 2011

    J’avais droit à 14 cds pcq mon père était abonné aussi…
    Je les ai encore dans une boîte chez nous (certains sont dégeux)

    + Green Day – Nimrod
    + American Pie Soundtrack
    + Juvenile – 400 Degreez (juste pour Back that Azz Up)
    + Busta Rhymes – Extinction level Event
    + House of Pain – Fine Malt Lyrics
    + Busta Rhymes – The Coming
    + Barenaked Ladies – Stunt
    + Green Day – Insomniac
    + Bad Religion – No Substance
    + Ready to Rumble Soundtrack (j’étais con)
    + Bad Religion – The New America
    + Kid Rock – Devil without a cause
    + Method Man et Redman – Blackout
    + Method Man – Rical 2000: Judgement Day

    Ensuite pour remplir mon contrat :

    + Busta Rhymes – Anarchy (j’aimais bcp Busta…)
    + Cypress Hill – IV
    + Cypress Hill – III (temples of boom)
    + DMX – And then there was X
    + MXPX – me souviens pu du titre, l’ai vendu à un chum 5$, mais il me semble qu’il y avait le mot « Buffalo » dedans…

    Wow. Point.

  • Mickaël B
    8 mars 2011

    Oh que oui que j’étais aussi là-dessus dans les années 90.

    J’avais même créé un « faux » abonnement en parallèle via l’adresse d’une amie afin de profiter de plein d’autres disques gratuits, ceux en tant que nouvel abonné et ceux pour avoir référé quelqu’un!

    Bien dit, oui, on y a fait quelques découvertes, mais surtout des merdes. Je me souviens particulièrement que les pochettes étaient toujours en mauvais état. Fraichement déballé et déjà, le disque ne tenait plus à l’intérieur dû au plastique pété. Il me semble avoir déjà lu quelque part que c’était les avariés/productions ratées que Sony nous passait, dans le fond.

    Et tout le monde avait LE truc pour bien les fourrer. Leur faillite n’est pas étonnante… Je suis même surpris que ça subsiste aux États-Unis!

  • Jean-Nic
    8 mars 2011

    Quand t’allais sur leur site web, t’avais accès à plein d’autres disques que tu ne voyais JAMAIS dans les catalogues. Les ciboires !!!

  • Yanick
    8 mars 2011

    Abonné à plusieurs reprises, je faisais venir des abonnements chez des voisins consentants, par la suite, lorsque je recevais les catalogues, j’inscrivais « Déménagé » sur les enveloppes que je retournais.

    J’ai déjà vu et entendu mon père au téléphone, vers l’âge de 9-10 ans se poigner d’aplomb avec un agent de recouvrement de Columbia House pour non-respect de contrat. Ils n’ont jamais rappellé grâce à la râclée téléphonique de mon paternel. Opération à leurs propres risques, mon père connaisait la « game »

    À chaque mois, la sélection du mois section métal recevait les qualificatifs comme: « Du rock au vitriol » ou « Des rythmes volcaniques! »

  • Jean-Nic
    8 mars 2011

    @Klimbo

    Hahaha ! Belle histoire :)

    Je me rappelle ces expressions bidons-là ; volcanique, vitriol.. Incroyable.

  • Mike Savard
    8 mars 2011

    ahahah je me souviens e l’abut du mot «vitriol».
    Moi, mon frère était abonné et un bon jour, il me dit, «kin, choisis un disque, j’ai pu d’idée.» Ça l’a été Sick Of It All-Built To Last, l’album qui m’a initié au hardcore et qui est encore dans mon top 5 à vie.

  • Julie Ledoux
    9 mars 2011

    Ha man! Quelle déception! Ça a marqué ma jeunesse, la Maison Columbia! Mon père et ma mère étaient tous les deux abonnés et mon père l’était encore jusqu’à tout récemment! Il se faisait un malin plaisir de sélectionner avec soin ses disques. Pas de niaisage. Ma soeur et moi, on avait le droit de choisir les disques gratuits, par contre. Oh oui! Enwèye les Amanda Marshall et les Green Day, Our Lady Peace et autres Beach Boys de ce monde. On n’avait pas de goût, à l’époque, mais c’était ben l’fun pareil. Surtout coller les timbres.
    Et merci, Jean-Nic de nous éclairer : avoir su qu’on pouvait aller sur les interrrrnets et voir une autre sélection… ben, j’pense que j’aurais choisi Amanda Marshall pareil.

    Mon doux, ça réveille vraiment un sentiment d’appartenance chez moi, La Maison Columbia!
    Ma soeur et moi, on s’est commandé des dizaines de VHS, en plus, dans le temps! Nous sommes des maîtres de La Firme, Philadelphie, Les quatre filles du Dr March, Une Ligue en Jupons, Les Petits Géants et Les Petits Garnements. Ouais, la Maison Columbia en français, c’est gagnant!

  • Joël Martel
    9 mars 2011

    Ahahah. Il y a quelques années, j’ai inventé la théorie de L’effet Columbia. C’est quand tu reçois simultanément une quantité de disques ou de films ou de livres ou de jeux vidéo. Tu veux toutes les essayer et même si ce ne sont que des bons trucs, ça finit qu’il n’y en a même pas un que tu finis par apprécier.

  • Jean-Nic
    10 mars 2011

    J’y vais d’un commentaire creux : visiblement, la Maison Columbia aura marqué notre génération :)

    @Julie
    On avait à peu près la même liste de VHS que vous ! Aviez-vous Analyse fatale et Né pour être sauvage aussi ?

  • Julie Ledoux
    10 mars 2011

    Ah, non, on ne les avait pas (mais ça aurait été cool!). Mais on avait aussi l’Affaire Pélican et Ce soir tout est permis. Du grand art!

Dans le ventre du dragon

Jean-Nic Labrie

Parce que le ciné c'est aussi Marcel Leboeuf, Christophe Lambert, Jeff Goldblum et Yahoo Serious.

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