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Dans le ventre du dragon

Voici le film le plus dingue que j’ai vu depuis longtemps

Jean-Nic Labrie
10 mai 2011

Ça s’appelle Panique au village. Ça vient de Belgique, c’est sorti en 2009, et c’est un film d’animation fabriqué avec des figurines jouets en plastique. C’est hyper-drôle, minutieux, férocement original, qui confirme malgré tout l’exigence et la patience que doivent commander l’animation en stop-motion. La preuve, le film ne dure que 76 minutes.

Mais 76 petites minutes de pur délire, mesdames et messieurs. Perso, je n’avais pas été confronté à un tel éclat de rire franc au cinéma depuis…hum…plusieurs lunes ?

Le synopsis est pratiquement impossible à décrire tellement c’est patraque. Je m’y risque donc avec cette tentative : l’action se déroule dans un petit village paisible, en plein milieu de nul part. C’est jour d’anniversaire pour Cheval, et ses deux colocs, Indien et Cowboy, décident de lui faire un cadeau pas piqué des vers : un barbecue fabriqué en briques. Seulement, une erreur se produit lors de l’achat des dites briques sur Internet. Au lieu de recevoir les 50 briques commandées, Indien et Cowboy en reçoivent 50 millions…

* * *

Et dites-vous que ce n’est que le début de cette histoire de débile mental foisonnante comme une vesse-de-loup, qui fait passer Toy Story pour une balade chez Mère-Grand ; bourré de trouvailles imaginatives d’une drôlerie à faire pisser, on parle ici d’un humour unique, tissé serré (une blague après l’autre pendant 1h16, je déconne à peine), bâti sur une mécanique style «tout est possible».

Ça passe donc du coq, à l’âne, à l’autruche, au chameau, alouette. Vous voyez le genre ? Aucune censure ni limite ne sont permises dans cet univers absurde décalé, totalement surprenant. Rarement a-t-on vu un choc d’idées aussi improbables fonctionner ainsi.

On a l’impression de surprendre deux gamins s’amuser avec leurs bébelles. Sauf qu’ici, les gamins sont adultes (Stéphane Aubier et Vincent Patar, pour ne pas les nommer), écoutent du rock’n'roll (I wanna be your pussycat de Lightning Beat-Man & His no talent, c’est fucking surprenant d’entendre ça dans un film d’animation belge), et écrivent foutrement bien (aucun gag vulgaire à la South Park ou Robot Chicken, zéro clichés, du jamais vu).

Avec une trame sonore originale composée par le groupe Dionysos, un Benoit Poelvoorde absolument hilarant dans le rôle de Steven le fermier, et une histoire développée comme un jeu de cadavres exquis surréaliste, Panique au village est une vraie réussite.

Un extrait ici, pour vous mettre l’eau à la bouche.

Merci à Alex Julien et Élodie Bernier, pour cette trouvaille :)

La belle grande famille de Robin Aubert

Je me suis finalement tapé À l’origine d’un cri cette semaine. J’avais hâte de le voir.

J’ai aimé ça. Robin Aubert, j’aime son travail, sa personnalité. Je l’aime comme acteur, je l’aime aussi comme cinéaste.

J’ai trouvé que son film était lourd à digérer. Pas nécessairement parce que le sujet était difficile ; j’ai trouvé qu’il y avait trop de stock à prendre en même temps. Il y a trois personnages principaux, et l’auteur a choisi de les développer tous, sans ambages. Sans compter les personnages secondaires, nombreux. Ça commence à faire beaucoup.

Cela dit, si Jean Lapointe (égal à lui-même) et Patrick Hivon (bon, quoique trop lâché lousse) font une belle job, c’est Michel Barrette qui se démarque du trio, à mes yeux. Probablement son plus beau rôle en carrière, Barrette est troublant dans la peau de cet homme incapable de dire adieu, meurtri par la mort de sa femme et coincé dans un carcan dont la fuite est la seule issue. Bravo.

À l’origine d’un cri est un film poignant certes. Mais dans le même genre, Un zoo la nuit et Yellowknife sont juste une coche au-dessus.

Selon moi, là. Non mais.

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Dans le ventre du dragon

Jean-Nic Labrie

Parce que le ciné c'est aussi Marcel Leboeuf, Christophe Lambert, Jeff Goldblum et Yahoo Serious.

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