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Dans le ventre du dragon

Zoofest 2011 : Sèxe Illégal

Jean-Nic Labrie
19 juillet 2011

Pour une première saucette à vie dans le Zoofest, j’ai choisi d’aller là où le buzz me mène. Et ces temps-ci, au sein de la petite scène de l’humour émergeant, le buzz a pour nom Sèxe Illégal. Deal avec !

Depuis leur participation au concours télévisé En route vers mon premier gala Juste pour rire sur les ondes de VOX, où ils ont fait un malheur le printemps dernier, leur nom est sur toutes les lèvres. «Tu connais ça, Sèxe Illégal ?», que l’on peut entendre parmi la mafia fana du nouvel humour. Plusieurs fans du duo, composé de Tony Legal et de Paul Sèxe, ont été grandement surpris de voir que c’est Yannick DeMartino, et non eux, qui a remporté le dit-concours. Faut dire que DeMartino est vachement fort, lui avec. Et de toute façon, ça reste un concours ; la carrière ne s’arrête pas quand tu y finis deuxième.

* * * *

Hier soir, dans des Katacombes suintantes de chaleur, on pouvait saisir toute l’étendue de cette rumeur favorable. J’ai pu entrer dans la place par la peau des fesses. Et à l’extérieur, le line-up était considérable. Je me suis d’ailleurs demandé : pourquoi les avoir bookés dans une si petite salle, sachant que leur spectacle était probablement l’un des plus attendus de cette édition ?

Le spectacle a démarré sur les chapeaux de roue. Dès le départ, le duo a fait son entrée sur scène avec un troisième membre : un claviériste d’un soir et humoriste bien connu pour son amour des oiseaux de proie, une présence redoutable qui avait tous les atouts d’une première partie déguisée. Dans un numéro efficace qui avait pour objectif clair de chauffer la salle, le mec s’est bien intégré à l’humour absurde des lascars, toujours avec son personnage de dépressif hystérique à la mèche toujours aussi courte. Entrée en matière réussi, la table était mise.

Je ne le nomme pas car je ne veux pas vendre le punch. Et qui sait s’ils n’ont pas un invité différent à chaque représentation ?

Dommage que le reste de la soirée ne soit pas resté à la hauteur du prologue. Après 2-3 tounes plus ou moins réussies (le maillon faible de leur humour selon moi), les gars ont enchaîné avec un numéro sur l’importance d’avoir un bon CV. Plusieurs bonnes lignes, mais rien qui me semblait vraiment mémorable. L’enthousiasme de la foule a d’ailleurs baissé d’un cran.

Le numéro sur la pièce de théâtre, avec la participation de quelques membres du public, a lui aussi connu des hauts et des bas. La base, la matière première est là ; seulement, le tout manquait de cohésion et de souffle. Après tout, ils devaient remplir une heure de show…

Ils ne leur manquent pas grand-chose, aux gars de Sèxe Illégal, pour «arriver». De ce que j’ai vu ce soir, le noyau est solide, l’univers est défini, et les personnages, qui font penser à des Tony Clifton québécois (c’est un gars des Dandys du Drame qui l’a sortie, celle-là), sont bel et bien implantés.

Mais je crois qu’ils devront écrire et travailler davantage, pour que leur humour ne se limite pas à un bon sketch inséré dans un gala, par exemple. Faut que ça soit drôle et surprenant pendant un spectacle complet. Pas seulement pendant 30 minutes.

Et pour ce qui est de l’aspect musical de leur univers, encore là, je crois que l’idée doit être retournée sur la table à dessin ; déjà que perso, je ne suis pas un fan de «tounes drôles» (vous les aimez, les tounes de François Pérusse, vous ?), elles ne sont pas toujours accrocheuses et drôles (celles sur Bowser et les Automobiles étaient ordinaires ce soir).

Ils y sont presques, en somme.

SÈXE ILLÉGAL : JUSQU’À MERCREDI, AUX KATACOMBES

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Dans le ventre du dragon

Jean-Nic Labrie

Parce que le ciné c'est aussi Marcel Leboeuf, Christophe Lambert, Jeff Goldblum et Yahoo Serious.

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