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Dans le ventre du dragon

Zoofest 2011 : François Bellefeuille / Humour G.H.B

Jean-Nic Labrie
26 juillet 2011

Avant hier, bien honnêtement, je pense avoir vu qu’un seul spectacle de stand-up en salle de toute mon existence. Bien sûr que je me suis déjà tapé des soirées d’humour dans les bars, les galas Juste pour rire à la télé, des petits shows extérieurs…Mais une vraie soirée d’humour face à face avec un humoriste, pendant 60 minutes, me rappelle pas avoir vécu ça avant.

*Si jamais vous êtes curieux…L’identité de l’humoriste sera révélé à la fin du texte !

J’ai toujours aimé ça, l’humour. Je le consomme principalement à la télé. J’achète pas des DVD d’humoristes, je n’achète pas les galas sur Indigo, et je ne me déplace pas pour aller voir des comiques en salles, ni dans les bars. Quand même, je trouve le moyen de rigoler direct dans ma télé.

Dans les derniers mois, j’ai commencé à regarder VOX de façon régulière. Comme j’aime bien faire mes petits contrats de rédaction durant la nuit, je syntonisais notre chaîne communautaire pour me tenir compagnie, un petit canal sympa qui diffuse du stock 24 heures sur 24, sans pauses publicitaires. Question d’avoir le feeling d’une présence quelconque.

Je me suis tapé pas mal toutes leurs émissions : Le Confident, Le Lab, Ici et là (même si je déteste l’animatrice), Parole et vie…Mais j’ai surtout accroché sur leurs nombreuses émissions d’humour émergeant. Émissions qui partent, avouons-le pas mal toutes d’En route vers mon premier gala Juste pour rire, petite vache à lait de la station. Quand même pas pire, fabriquer 2-3 émissions différentes à partir d’un concours !

C’est là que j’ai découvert les Michaël Rancourt, Christopher Williams, François Léveillé, Jean-Marie Corbeil, Josée Boudreault et Jean-Claude Gélinas de demain. C’est là aussi que j’ai pris connaissance, doux Jésus, qu’il y a aussi une bonne relève, qui viendra tasser bientôt les Morency, Anctil, Parent, Paquin, MacLeod…Bref, des seniors qu’on respecte bien sûr, mais qu’on est tannés en crisse de voir partout.

Parmi toute la trâlée de jeunes humoristes prometteurs, j’ai choisi d’aller voir François Bellefeuille. Dans le cadre de la série 60 minutes au Zoofest. Dans la très charmante salle Hydro-Québec du Monument-National.

Franchement, pour un deuxième vrai spectacle de stand-up, j’ai beaucoup aimé ça. C’était un excellent spectacle ! 60 minutes qui ont paru en durer 20.

Étant devenu V.I.P Golden Member de VOX, je le connaissais déjà, ce Bellefeuille. J’aime son approche cérébrale de l’humour. Et j’aime beaucoup son personnage de scène, son clown à lui, un genre de gars frustré à la Mercier sur les anxiolytiques.

Tellement fort comme personnage !

On passe donc 60 minutes en compagnie de ce Bellefeuille frustré, colérique, paranoïaque et névrosé, qui scrute Terre et Lune à travers son propre microscope. Un personnage qui filtre tous les travers du quotidien à l’aide de sa propre logique, sans tomber dans l’anecdotique et le balisé. Le café, les instruments à vent, les vélos tandem, l’abstinence sexuelle, le speed dating, les nains…Tout y passe.

Et ça fonctionne. Je me répète, parce que le personnage est très fort, et parce que c’est traité de façon originale. Le travail de Bellefeuille est senti, étudié, sous-pesé, songé, concis. Je comparerais son monologue à un tapis d’artisanat tissé très serré ; chaque maille s’enfile une à la suite de l’autre, c’est fait main, point par point. On sent le travail derrière. Bravo !

Et le plus important, on rit. Le mec déclenche des rires à tous les 20 secondes. Pas banal !

Je lui souhaite la plus belle des carrières.

60 MINUTES AVEC FRANÇOIS BELLEFEUILLE – Ven. 29 juillet, 19h -Studio Hydro-Québec du Monument National

Retour sur la soirée Humour G.H.B – Dandys du Drame vs. Team GHB

La semaine dernière, je suis allé tenter l’expérience de cette fameuse soirée d’humour Gore-Hard-Brutal, présenté à l’Underworld et animé par le bonasse Frank Grenier. La façon dont la salle était conçu, on avait l’impression d’être dans un sous-sol d’église prêt à voir de la vraie bonne vieille lutte arrangée. Pour le confort des chaises et le pas-de-ménage dans la salle, on s’entend.

Faut croire que c’était concept ; la soirée s’est déroulée effectivement à la manière des Survivor Series de la WWE. Deux équipes de 5 humoristes s’affrontaient dans une série de numéros aux allures de duels. Les Dandys du Drame (j’ai parlé d’eux ici en mars dernier) affrontaient Team GHB, un quintette formé de Jonathan Lord, Martin Vachon, Olivier Théberge, Gosselin et Frank Grenier.

Les soirées GHB, c’est de l’humour vulgaire, violent, déplacé et politiquement incorrect. De l’humour qui brasse. Un peu comme The Nasty Show, finalement. Est-ce que Guy Turcotte a été froissé ? Un peu.

Alors, c’était comment ? Dans l’ensemble, je dirais que c’était un 120 minutes digne du Kingda Ka. Tantôt drôle, tantôt moins drôle. Comme un film à sketches, la qualité et l’intérêt s’avèrent souvent inégales d’un tableau à l’autre.

Team GHB me paraissait plus expérimenté, davantage à l’aise sur scène que les Dandys. En contrepartie, il faut dire que ce jeune groupe d’humoristes apprend encore à se faire les dents. Si tu veux être un bon pianiste, tu dois pratiquer. Ils devront commencer à enfiler les spectacles et se faire la main, parce que le potentiel est là, incontestablement. La preuve : leur numéro final sur les mots était fort réussi. Dommage qu’il soit arrivé seulement après 104 minutes. Reste seulement à prendre de l’expérience.

Sinon, en général, j’aurais apprécié aussi une plus grande variété dans les sujets de la part des deux équipes. Ça a pris 30 minutes pour que les mêmes thèmes et prémisses remontent à la surface, dans un vocabulaire et une syntaxe légèrement modifiés. On sentait aussi que certains moments étaient plus improvisés que d’autres (le numéro «Pour ou contre», entres autres). Quand c’est écrit, c’est rudement plus solide (le «Rap Battle» fut le meilleur moment de la soirée).

Reste que le tout était assumé, même si ça volait plus bas que bas. Du gros fun sale de bar, ça fait du bien de temps en temps. Néanmoins, je crois que le concept pourrait être poussé encore plus loin.

Mais bon. Chu qui moé.

LES DANDYS DU DRAME PRÉSENTENT : LE GALA DES OS-MORTS – Mar. 26 et jeu. 28 juillet, 20h30 – Studio Hydro-Québec du Monument National

*Qui est donc cet humoriste que j’ai vu avec la famille au Centre culturel de Drummondville, quelque part en 1995 ?

C’est lui/elle.

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Dans le ventre du dragon

Jean-Nic Labrie

Parce que le ciné c'est aussi Marcel Leboeuf, Christophe Lambert, Jeff Goldblum et Yahoo Serious.

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